La Caisse de dépôt dans l'ingénierie électrique française

La Caisse de dépôt et placement du Québec se retrouve au sein d'un consortium offrant l'équivalent de 3 milliards pour mettre la main sur Spie, le numéro quatre de l'ingénierie électrique en Europe.

La nouvelle est venue de France hier. D'abord par Le Figaro, puis confirmée par voie de communiqué. Le consortium dirigé par Clayton Dubilier & Rice, et comprenant à taille égale la Caisse de dépôt et placement et AXA Private Equity, a déposé une offre de 2,1 milliards d'euros (près de 3 milliards $CAN) pour Spie au terme d'un processus exclusif de cession. Spie est présentée comme étant le numéro quatre européen de l'ingénierie électrique. Selon la presse française, le fonds d'investissement PAI Partners est devenu le principal actionnaire de Spie en 2006. Au terme d'une opération par effet de levier valorisant l'entreprise française à environ 980 millions d'euros, PAI retenait une participation de 87,3 % et les quelque 230 cadres, 12,7 %.

L'engagement de chacun des partenaires composant le consortium n'a pas été précisé, mais Clayton occupe la position de tête. La société d'investissement est déjà présente à titre d'investisseur dans Rexel, numéro un mondial de la distribution électrique. «Nous connaissons bien les marchés de Spie», a souligné la firme new-yorkaise.

Le processus de mise en vente a été annoncé le 24 mars dernier. «Parmi les marques d'intérêt présentées à PAI Partners, le projet stratégique que Clayton, Dubilier & Rice et AXA Private Equity ont élaboré avec l'équipe de management est apparu comme la meilleure solution. Il garantit le développement de l'entreprise en associant largement les collaborateurs du Groupe au succès de l'entreprise dans le cadre d'un projet ouvert à l'actionnariat salarié», peut-on lire dans le communiqué de Spie. Une inscription en Bourse dans le cadre d'une offre initiale publique d'actions faisait également partie des options envisagées.

À la Caisse de dépôt, on s'est contenté de souligner, hier, que le tout demeure conditionnel à l'obtention des approbations réglementaires et au succès du processus d'information-consultation avec les comités d'entreprise, en accord avec les dispositions de la loi française. Maxime Chagnon, directeur principal, Communications avec les médias et relations publiques, a cependant souligné que cette transaction cadrait parfaitement avec les critères de la société. Elle retient la feuille de route de Spie, ses bases solides, son bilan de croissance et son potentiel. Spie «répond au profil comme investissement à long terme. Et nous sommes avec des partenaires que nous connaissons de longue date», a-t-il souligné. Dans le communiqué, AXA présente également la Caisse de dépôt comme «un partenaire historique» d'AXA Private Equity, un fonds d'investissement privé qui coiffe un portefeuille de 25 milliards $US.

Spie est engagée dans le génie électrique, climatique et mécanique, ainsi que dans les secteurs de l'énergie et des systèmes de communication. «Avec près de 400 implantations dans 31 pays et 28 600 collaborateurs, Spie a réalisé en 2010 un chiffre d'affaires de 3,75 milliards d'euros et généré un résultat opérationnel courant de 192,3 millions d'euros», a présenté la firme française d'ingénierie.

Selon une source citée par Le Figaro, «la présence d'actionnaires de long terme comme la Caisse de dépôt du Québec et AXA doivent rassurer les salariés et les cadres. À long terme, cela finira sans doute par une mise en Bourse.»

Pour le p.-d.g. de Spie, Gauthier Louette, «cette opération bénéficie de notre soutien total, car elle préserve l'indépendance de Spie, garantit le développement de l'entreprise et associe les salariés à la croissance du groupe». Le fonds d'investissement français PAI Partners a rappelé, pour sa part, la forte croissance par acquisition réalisée par Spie depuis cinq ans, avec pour principale conséquence un doublement du résultat opérationnel. «Nous avons été très attentifs à ce que l'actionnaire qui reprendra Spie à notre suite le fasse dans le même respect des valeurs et des savoir-faire de l'entreprise afin d'assurer le développement profitable du groupe et de maintenir la cohésion de ses équipes.»

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