Les Desmarais nient avoir tenté d'influencer Jean Charest

Paul Desmarais fils
Photo: - Le Devoir Paul Desmarais fils

Les dirigeants de Power Corporation ont assuré hier qu'ils n'avaient jamais tenté de faire pression sur le gouvernement de Jean Charest à propos des questions d'énergie.

«Personne de Power Corporation, personne de la famille Desmarais n'a parlé à M. Charest, ni à aucun membre de son gouvernement, [que ce soit] sur [les géants des hydrocarbures français] Total et GDF Suez, les sables bitumineux, les gaz de schiste ou [le sommet de] Copenhague [sur les changements climatiques]», a martelé le président du conseil d'administration du conglomérat, Paul Desmarais fils, à l'issue de l'assemblée annuelle des actionnaires.

Selon une note diplomatique révélée cette semaine par le site Web WikiLeaks et Le Devoir, l'ambassadeur des États-Unis à Ottawa, David Jacobson, s'est interrogé quant aux pressions que Power aurait pu exercer sur Jean Charest et qui pourraient expliquer que celui-ci ait soudainement cessé de tirer à boulets rouges sur la position du gouvernement conservateur durant la conférence de Copenhague, à la fin 2009.

M. Desmarais a qualifié de «ridicule» l'idée que Power puisse influencer davantage les gouvernements que d'autres acteurs de la société.

«Nous apportons notre contribution comme citoyens, mais je ne vois pas pourquoi, parce qu'on est président d'une compagnie, on aurait [...] cette image de toujours vouloir, on dirait, se remplir les poches ou influencer, a-t-il déclaré. [...] Je trouve ça presque mesquin.»

Le dirigeant, l'un des fils du bâtisseur de Power, Paul Desmarais, a reconnu qu'il discutait à l'occasion avec des élus des gouvernements. Il l'a notamment fait lorsque Québec l'a consulté sur les mesures à prendre pour faire face à la crise financière.

«Je n'appelle pas M. Charest comme ça, a-t-il précisé. Est-ce que je rencontre M. Charest des fois? Oui, on va se parler de différentes choses, mais non, ce n'est pas un jeu d'influences comme les gens veulent l'insinuer. Je trouve ça un peu dommage et un peu cynique.»

Le MEDAC défait

L'assemblée a été marquée par le rejet écrasant de trois propositions soumises par le MEDAC. La première réclamait une politique de parité au conseil d'administration de manière à ce que les femmes y soient aussi nombreuses que les hommes d'ici dix ans. Présentement, 2 des 21 membres sont des femmes, soit Isabelle Marcoux (vice-présidente de Transcontinental) et Emoke J.E. Szathmary (présidente émérite de l'Université du Manitoba). Les deux autres portaient sur une politique de rémunération des hauts dirigeants et sur les actions à droit de vote multiples.

Par ailleurs, le conseil a deux nouveaux membres, dont Marcel Coutu, président du conseil de Syncrude, un joueur très important dans l'exploitation des sables bitumineux.

Power Corporation a par ailleurs fait état hier d'une hausse de ses profits au spremier trimestre, l'expliquant par l'apport accru de sa principale filiale, la Financière Power. L'entreprise a enregistré un bénéfice net de 216 millions par rapport à 165 millions pendant la même période de 2010.

Les revenus ont chuté de 22 % pour atteindre 7,04 milliards.

Power Corporation contrôle la Financière Power, de même que Gesca, éditeur de La Presse, du Soleil et d'autres quotidiens au Québec et en Ontario. Le conglomérat est également actionnaire des Entreprises La Presse canadienne.

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La Presse Canadienne avec Le Devoir

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