Les critiques de Claude Béland

Monique Leroux a défendu les choix de la coopérative d’épargne et de crédit.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Monique Leroux a défendu les choix de la coopérative d’épargne et de crédit.

Non, le Mouvement Desjardins n'a pas délaissé une partie de son caractère coopératif pour se comporter davantage comme une simple banque assoiffée de profits. C'est du moins ce qu'a soutenu hier sa présidente, Monique Leroux, en réagissant à la sortie publique de son prédécesseur, Claude Béland, qui affirmait récemment que la philosophie participative et coopérative de l'institution s'est passablement effritée.

«Le Mouvement Desjardins a bien changé, comme notre environnement a bien changé aussi.

M. Béland a fait certains commentaires portant entre autres sur l'engagement de nos dirigeants. Je ne suis pas du même avis», a dit Mme Leroux au cours d'un bref point de presse donné en marge d'une allocution prononcée à la tribune de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

En fait, Claude Béland — président de 1987 à 2000 — a affirmé au début du mois qu'il avait constaté l'émergence d'une philosophie plus près des banques au moment où les administrateurs et membres des conseils d'administration ont commencé à toucher une rémunération. «À ce moment, on a vu le bassin de candidats changer complètement. [...] Des gens plus intéressés par l'argent, carriéristes, on les retrouve là. Alors, ce n'est pas étonnant que ça change la philosophie. [...] On a introduit la semence de la cupidité et ça, c'est très mauvais», a dénoncé l'ancien président sur les ondes de RDI. «Ceci a beaucoup influencé les projets, qui visent des rendements maxima et à devenir aussi performants que les banques, etc.», a-t-il ajouté.

Mme Leroux s'est donc portée à la défense des dirigeants hier. «Ce sont des gens très engagés envers leur milieu, très engagés envers leur caisse. Ce sont des gens qui travaillent de façon très démocratique. C'est sûr qu'on peut toujours faire mieux, mais j'ai une immense confiance dans nos dirigeants et je crois que nous travaillons de plus en plus en mode coopératif.» Elle en veut pour preuve le fait que les dirigeants de tout le réseau des caisses ont été engagés dans l'élaboration du plan stratégique 2010-2012.

La présidente, qui a touché une rémunération de 1,9 million en 2010, a également tenu à rappeler que, malgré les fermetures de points de services, de guichets automatiques et de certains services itinérants, Desjardins demeurait une organisation très présente dans les régions du Québec. «Nous sommes l'institution financière la plus présente sur l'ensemble du territoire québécois. Nous sommes là où aucune autre institution financière n'est présente. Donc, nous allons continuer de l'être. Ça fait partie de notre histoire, ça fait partie de notre succès et de nos racines.»

Reste que dans certains cas, des services ont été réduits parce qu'ils coûteraient trop chers à maintenir compte tenu de leur utilisation. Une situation qui ne va pas jusqu'à menacer à la bonne santé financière du Mouvement, qui a dégagé des «excédents» de 1,44 milliard en 2010, en hausse de 33,8 % par rapport à ceux de 1,07 milliard en 2009.

L'avenir de la Bourse

Invitée encore une fois à se prononcer sur le rachat de la Bourse de Toronto par celle de Londres, Monique Leroux a finalement précisé un peu plus sa pensée. Elle a ainsi fait valoir que la transaction devrait être assortie de garanties de protection des actifs canadiens avant d'aller de l'avant. «Je vois des risques à la transaction et il va devoir y avoir des engagements clairs à l'égard des risques, sinon je ne suis pas certaine qu'on devrait aller de l'avant.»

Quelles sont ces garanties? «Par exemple, toute l'activité des produits dérivés à Montréal, la Chambre de compensation, c'est quelque chose d'important pour Montréal, pour le Québec et pour le Canada», a souligné Mme Leroux. Elle a aussi insisté sur le maintien de l'accès aux capitaux pour les petites et moyennes entreprises québécoises et canadiennes, en plus de souligner la nécessité de conserver ici le plein contrôle sur la réglementation des activités. Desjardins devrait donner le menu détail de sa position dans le cadre des audiences publiques qui seront organisées par l'Autorité des marchés financiers.

Devant un parterre de 900 invités réunis au Palais des congrès, Monique Leroux a par ailleurs énuméré quelques grands défis auxquels le Québec est confronté, défis qui sont aussi détaillés dans un document produit par Desjardins et intitulé «Pour un avenir meilleur au Québec». Elle estime notamment que la province doit miser davantage sur l'innovation, l'accroissement du nombre de diplômés, la réduction de la dette et la coopération. 
9 commentaires
  • Andre Vallee - Inscrit 29 avril 2011 01 h 48

    Pour moi c'est Desjardins

    Compte courant, placements, assurances. Depuis toujours et pour toujours. Je n'ai jamais trouvé meilleure garantie ailleurs. Et je n'aime pas jouer.

  • Yvon1 - Inscrit 29 avril 2011 04 h 46

    Mme Leroux est dans le champ de patates

    Selon notre expérience datant de cette semaine desjardins est en train de se couper de sa base. Je crois que les banques sont plus respectueuse à l'égard de leur client. C'est Big brother qui décide de tout. Nous avons fait une demande de prêt pour une auto neuve et nous a référé a notre caisse et jamais personne a daigné nous contacter. Nous avons finacé notre voiture par le crédit du fabricant a meilleur taux et Desjardins a passé dans le beure.

    À bon entendeur salut,

  • Pierre Langlois - Abonné 29 avril 2011 07 h 23

    Comme il est loin le temps

    Je suis à la Caisse depuis nos Caisses scolaires de l'école primaire...et mes parents me précédaient au sein du mouvement...

    Bien sûr, il faut être de son temps...Mais les décisions des derniers temps des dirigeants (diminution de services en régions, décisions sans consultation sur les remboursements des soldes de cartes de crédit, les réserves exorbitantes, les salaires des dirigeants (de combien le salaire moyen des travailleuses et travailleurs ordinaires ?,non compétitivité dans certains secteurs financiers- assurances notamment- etc...) me font dire que le fondateur a de quoi se retourner dans sa tombe. Je ne parle même pas de l'effet de toputes ces décisions sur les ristournes...

    Desjardins a lontemps été près des petites gens...qui ont été sa première raison d'être...alors qu'Âlphonse a recruté dans son patelin...Il serait bon de se le rappeler...

    Un peu désolant...la tournure des événements


    Pierre qui ne roule pas tant...

  • Roland Berger - Inscrit 29 avril 2011 07 h 55

    1,9 million ?

    Oui. La vertu a son prix. À 1,9 million de dollars par année, je ne suis pas sûr que je penserais différemment que Madame la Présidente. Il faut que la fédération des caisses Desjardins fassent de gros profits pour traiter ses dirigeants au caviar.
    Roland Berger

  • Jean Lapointe - Abonné 29 avril 2011 08 h 46

    La langue de bois de madame Leroux.


    Je me demande si je suis le seul à le penser mais je trouve que madame Leroux utilise à merveille la langue de bois.

    On dirait que pour elle il n'y a pas de problème, que tout est parfait.

    C'est quand les prochaines élections chez Desjardins ?