Couche-Tard ferme un dépanneur en voie de syndicalisation

Alain Bouchard, président de Couche-Tard<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Alain Bouchard, président de Couche-Tard

La CSN, qui mène présentement une campagne de syndicalisation des dépanneurs Couche-Tard, affirme que l'entreprise a fermé mercredi soir un établissement parce qu'il était en processus de syndicalisation.

En annonçant la fermeture du dépanneur aux employés sur place, mercredi soir, les représentants de la direction l'ont cependant justifiée par un manque de rentabilité. Le dépanneur venait pourtant d'être rénové, ont affirmé d'ex-employés.

Une dizaine de travailleurs sont ainsi touchés par la fermeture du dépanneur, situé à l'angle des rues Saint-Denis et Beaubien, dans le quartier Rosemont à Montréal.

Les dirigeants de la CSN ont convoqué les médias, hier matin, devant le dépanneur dont les vitres avaient déjà été obstruées par des feuilles de contreplaqué et qui était surveillé par un agent de sécurité. Robin Maranda, une ex-employée du dépanneur, qui travaillait encore mercredi à 23h30, a relaté le moment où elle a vu une coordonnatrice arriver au dépanneur avec d'autres personnes. «Elle m'a dit ''on ferme le magasin, il y a trop de pertes, ça ne marche plus''. Elle m'a dit ''prends tes affaires et va-t'en'', c'est tout. Elle m'a donné une feuille de cessation d'emploi, expliquant les huit semaines de salaire, huit semaines de préavis, c'est tout.»

Mme Maranda a dit qu'elle était encore «un peu sous le choc» de ce qu'elle venait de vivre. «On ne peut pas se faire transférer ailleurs, dans aucun autre Couche-Tard, vu qu'on a eu une tentative de syndicalisation; on est comme un virus, littéralement», a-t-elle commenté.

Le vice-président de la CSN, Louis Roy, et le président de la Fédération du commerce, Jean Lortie, ont juré que la centrale syndicale de 300 000 membres ne se laisserait pas faire.

«Le message qu'on veut passer à la direction de Couche-Tard, c'est que ça n'intimidera pas les employés qui étaient en processus de syndicalisation partout au Québec, dans plusieurs Couche-Tard, a dit M. Lortie. Également, il faut que Couche-Tard cesse d'avoir peur d'avoir un syndicat dans leur entreprise. C'est là pour négocier des conditions de travail raisonnables avec leurs employés. Une stratégie de sabotage, une stratégie antisyndicale comme ça ne portera pas fruit.»

Un premier dépanneur Couche-Tard a obtenu son certificat d'accréditation syndicale, à l'angle des rues Jean-Talon et Iberville, à Montréal. De plus, des requêtes en accréditation avaient été déposées pour trois autres établissements de la chaîne, soit un à Saint-Liboire, un à Longueuil (arrondissement Saint-Hubert) et celui qui vient d'être fermé à Montréal, a précisé M. Lortie.

De son côté, la haute direction de Couche-Tard a assuré que le dépanneur en question a été fermé pour des raisons «administratives». L'entreprise rappelle que bon an mal an, elle ferme ainsi une dizaine de succursales chaque année. «D'autres dépanneurs sont fermés régulièrement par Couche-Tard parce qu'ils n'affichaient pas le rendement souhaité et ne s'inscrivaient donc plus dans le modèle de gestion du détaillant», réplique la direction.
12 commentaires
  • Pierre Jacques - Abonné 8 avril 2011 06 h 52

    À quand le boycottage de ces mauvais citoyens corporatifs ??

    Pourquoi ne pas décider collectivement de ne plus acheter dans ces dépanneurs ?? De ne plus aller chez Wal-Mart ou McDo ??

  • Jacques Lafond - Inscrit 8 avril 2011 08 h 04

    Le travail

    Les syndicats sont devenus des dinosaures et il serait grand temps que les québécois francophones arrivent sur la planète terre et en 2011.

    Avec le vieillissement de la population, le manque de main-d’œuvre criant dans tous les secteurs, l’économie n’a jamais été aussi propice à l’emploi.

    Chaque individu peux facilement maintenant se retrousser les manches aller gagner honnêtement sa vie dans notre pays. Mais il s’agit bien de se retrousser les manches et d’aller travailler, et non d’aller faire du temps, aller faire son petit 35 heures par semaines, aller faire son petit minimum.

    Ce n’est pas ça travailler.

    Les dinosaures sont éteints.

  • freemax99 - Inscrit 8 avril 2011 09 h 18

    Bonne idée mais...

    Je suis de votre avis monsieur Pierre Jacques mais...

    Que fait-on pour trouver de l'emploi à tous ces gens qui travaillent dans ce genre d'entreprises (dirigées par des money makers qui n'en n'ont jamais assez)?

    Il nous faut repenser notre système de consommation...en entier.

    Est-ce que le "québecois typique" est prêt à faire des choix plus responsables et respectueux (de la nature et des humains) mais qui sont plus coûteux?

    Dans 30-50 ans peut-être que oui, mais pour l'instant la masse en veut plus pour moins...malheureusement.

    Max J.-G.
    sans auto - sans tv - communauto - bio -équitable

  • JAMAIS UN QUeBEC PAYS - Inscrit 8 avril 2011 10 h 38

    La rentabilité

    La marge de profit des dépanneurs est relativement faible, Couche Tard fait son argent sur le très grand volume de l'ensemble de leurs opérations. Chaque point de vente doit être profitable et rencontrer le seuil minimum requis par l'entreprise. Un retour sur investissement minimum établi par les actionnaires.
    Dès qu’un syndicat s’installe tous perdent, les employés (la majorité des étudiants qui ne travailleront que quelques mois) auront à payer une petite fortune en cotisation et sans avoir aucun bénéfice car ils ne travailleront jamais assez longtemps. L’employeur verra sa profitabilité, déjà minimal, réduite par les exigences des syndicats.
    Je ne dis pas non à la syndicalisation des dépanneur, mais il faudrait laisser les employé libre d’adhérer ou pas. Si un dépanneur devient syndiqué, cela veut dire que tout nouvel employé devra se syndiquer veut, veut pas. Et le turn over dans ces entreprises est grand, deux ans après la syndicalisation il ne reste plus personne dans l’entreprise qui était là lors de la syndicalisation.
    Couche Tard a raison de fermer ce commerce, il faut stopper ce cancer avant qu’il ne se propage. À moins que l’on change les lois et donner le vrai choix aux employés, vote secret et libre de joindre ou pas.

  • Mac - Inscrite 8 avril 2011 10 h 40

    @Jacques Lafond

    Pendant que les grands patrons s'enrichissent? Pourquoi ne pas demander de partager davantage plutôt que d'accepter de se faire piétiner?