Le port de Montréal mise sur le canal de Panama

Sylvie Vachon, présidente-directrice générale de l’Administration portuaire de Montréal.<br />
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Sylvie Vachon, présidente-directrice générale de l’Administration portuaire de Montréal.

Le port de Montréal compte sur l'élargissement du canal de Panama pour accroître son trafic et justifier ses projets d'expansion.

D'ici 2014, le célèbre canal d'Amérique centrale aura doublé sa capacité grâce à un investissement de 5,25 milliards $ US. Il permettra notamment le passage de navires de plus grande taille en provenance d'Asie.

Ces bateaux prendront ensuite le chemin de centres de transbordement situés dans les Antilles et la présidente-directrice générale de l'Administration portuaire de Montréal, Sylvie Vachon, espère qu'ils termineront leur route dans la métropole québécoise.

«En raison de nos liens commerciaux substantiels avec les plaques tournantes des Caraïbes, comme Freeport aux Bahamas, qui accueilleront des navires du canal de Panama, le port de Montréal est très bien positionné dans la chaîne d'approvisionnement mondiale pour profiter de ces développements», a-t-elle déclaré mardi à la tribune de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

La progression du trafic découlant de l'élargissement du canal de Panama — et plus généralement de la croissance économique mondiale — explique pourquoi le port de Montréal entend faire passer sa capacité annuelle de 1,6 million à deux millions de conteneurs d'ici 2016, a indiqué Mme Vachon.

Selon la firme Drewry Shipping Research, le trafic mondial atteindra 210 millions de conteneurs en 2015, contre 134 millions en 2009. Quelque 1,3 million de conteneurs ont transité par le port de Montréal en 2010.

Au cours des deux dernières années, le port a déjà investi 85 millions pour améliorer ses infrastructures. On a notamment mis en place un nouveau portail d'entrée pour les camions, construit une nouvelle sous-station électrique et allongé un quai de manière à pouvoir accueillir plus d'un grand navire à la fois.

Mais déjà, le port envisage d'augmenter sa capacité à 3 millions de conteneurs par année. Pour ce faire, on amorcera, dès ce printemps, le réaménagement de certaines activités à Montréal afin d'optimiser l'utilisation des lieux. À plus long terme, l'expansion devra se faire sur l'autre rive du Saint-Laurent, à Contrecoeur, où le port est déjà présent.

En 2008, on avait chiffré ce vaste projet d'expansion à 2,5 milliards, dont au moins 450 à 650 millions provenant des gouvernements. Ce plan, baptisé Vision 2020, avait été dévoilé par le prédécesseur de Sylvie Vachon, Patrice Pelletier, qui a quitté le port en mars 2009 à la suite d'un conflit avec le conseil d'administration.

Mme Vachon a indiqué hier que Vision 2020 n'existait plus comme tel, mais que plusieurs des initiatives qu'il contenait allaient se concrétiser. Elle n'a toutefois pas donné de détails sur la façon de financer les travaux. «Nous devons encore valider plusieurs paramètres, dont la question du financement, que nous sommes en train d'examiner», a-t-elle affirmé.

La dirigeante a par ailleurs profité de son exposé pour plaider en faveur de la création d'une «grappe industrielle de logistique et transport» à Montréal, à l'image de celles qui existent déjà dans les secteurs de l'aéronautique et des sciences de la vie.