Projet de 1,5 milliard à Montréal-Est - L'usine de cokéfaction ne se fera pas sans l'inversion du pipeline Montréal-Sarnia

Sur la glace depuis plusieurs années, d'abord en raison d'un gros conflit de travail à l'époque où la raffinerie appartenait à Petro-Canada, ensuite en raison de l'achat de Petro-Canada par Suncor, le projet permettrait à l'établissement d'utiliser les sous-produits du pétrole lourd pour produire de l'essence, du diesel ou du mazout.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Sur la glace depuis plusieurs années, d'abord en raison d'un gros conflit de travail à l'époque où la raffinerie appartenait à Petro-Canada, ensuite en raison de l'achat de Petro-Canada par Suncor, le projet permettrait à l'établissement d'utiliser les sous-produits du pétrole lourd pour produire de l'essence, du diesel ou du mazout.

Le projet d'investissement de 1,5 milliard portant sur la construction d'une unité de cokéfaction à la raffinerie de Suncor, dans l'est de Montréal, ira de l'avant seulement si le flot du pipeline de pétrole Montréal-Sarnia est inversé.

Sur la glace depuis plusieurs années, d'abord en raison d'un gros conflit de travail à l'époque où la raffinerie appartenait à Petro-Canada, ensuite en raison de l'achat de Petro-Canada par Suncor, le projet permettrait à l'établissement d'utiliser les sous-produits du pétrole lourd pour produire de l'essence, du diesel ou du mazout.

Or, dans le cadre d'une conférence téléphonique avec des analystes financiers pour présenter ses états financiers du quatrième trimestre 2010, la direction de l'entreprise a de nouveau changé son argumentaire. Prié de faire le point sur le projet d'investissement, évoqué une première fois en 2006, le président de la compagnie, Rick George, a laissé entendre que ça n'aura pas lieu de sitôt.

«Il n'y a pas de projet à l'heure actuelle. Ça va plutôt dépendre de notre capacité à inverser le flot de la ligne numéro 9. Et quand je dis "notre", je parle de l'industrie, pas juste Suncor», a dit M. George.

La raffinerie de Suncor s'abreuve à partir d'un pipeline qui lui amène du pétrole en provenance de Portland, dans l'État du Maine. Shell utilisait aussi ce même pipeline, mais a cessé les opérations de raffinage il y a trois mois pour transformer sa raffinerie en simple terminal de stockage de carburants déjà raffinés et transportés par bateau.

«En ce moment, nous ne pouvons pas vraiment transporter du pétrole de l'Ouest canadien jusqu'à Montréal. À une certaine époque, le pipeline Montréal-Sarnia coulait dans l'autre sens. L'industrie a étudié la possibilité de l'inverser», a ajouté M. George, qui n'a jamais caché son désir d'une telle opération.

«Le projet est donc suspendu jusqu'à ce que nous puissions déterminer la faisabilité de cette inversion. Ce n'est pas un projet à court terme», a conclu le président de Suncor.

En 2007, à une époque où le projet était devenu officiel, des écologistes et élus municipaux de Montréal s'étaient inquiétés de l'impact environnemental en raison de la contribution du projet à l'émission de gaz à effet de serre. L'unité de cokéfaction aurait fait environ 30 étages de haut.

La décision officielle d'abandonner le projet, du moins à court et à moyen terme, avait été confirmée en septembre 2009.

«Nous sommes dans un processus de révision de tous nos projets afin d'optimiser ces dépenses d'investissements pour maximiser les retours», avait dit à la Presse canadienne un porte-parole de Suncor, Dany Laferrière. «D'ici la fin de l'année, on devrait avoir une bonne idée de la direction que nous allons prendre sur la majorité des projets.»

Dès 2008, cependant, Petro-Canada avait commencé à émettre des doutes quant à la faisabilité économique du projet.
5 commentaires
  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit 3 février 2011 07 h 49

    La peur, la peur

    "L'usine de cokéfaction aurait fait trente étages de haut"....Entendez: c'est laid, repoussant, dangereusement dominateur, potentiellement polluant"...La peur avant d'avoir peur. Ce serait pourtant dans une zone réservée au raffinage et à la pétrochimie depuis plus de soixante-dix ans. C'est quoi le problème?
    De fait, le projet ne viendra jamais, l'acceptabilité du projet ne serait pas démontrée avant vingt ans, soit à peu près au moment où on assistera à l'inauguration du CHUM.

  • Charles F. Labrecque - Inscrit 3 février 2011 08 h 54

    Voilà une belle occasion

    Avec l'annonce d'un tel projet, les québécois devraient se réjouir, mais attention cette jouissance sera de courte durée.Puisque bientôt nous assisterons à la venue en force de nos négationnistes occupés jusqu'à maintenant la crise des gaz de "chit" presque terminée. Encore une fois le bon peuple vas hurler de frayeur a cause des dangers potentiels que pourraient présenter une semblable usine.

  • Jean-Louis Girard - Inscrit 3 février 2011 16 h 31

    Mr Labrecque a raison

    Une belle occasion de garder des emplois,de progresser.mais il y a toujours les vertdatres qui essaient de tout bloquer(gas de schistes,nucléaire,inversement pipeline#9)
    Ce pipeline doit etre inversé sinon la raffinerie Suncor de Montréal fermera,et il va entrer des produits pétroliers finis de l'extérieur,souvent de moindre qualité,et le standard de vie du peuple continuera a régresser,mais au fait les verdatres veulent ca...
    Ils ont beau rever d'énergies vertes,mais a quand les avions électriques.

  • hypopotam - Inscrit 15 février 2011 10 h 29

    À Mr Driller

    À quand les avions électriques? Au moment où l'investissement se fera dans les énergies vertes, quand il y aura des subventions mises dans des projets pour les développer. Si on investie dans ce secteur on pourra redécouvrir ce qui s'est déjà fait, mais qui à été mis de côté. Puis on pourra faire de nouvelles découvertes et finir par avoir des avions électriques ou à un autre fonctionnement. Il y a déjà eu des voitures qui fonctionnait pas seulement de façon hybride, mais complètement de façon non polluante.

    La peur est surement dans les deux camps ceux qui on peur pour l'environnement, pour ce qu'ils vont laisser comme terre à leurs enfants, qui on peur des impacts de ces projets sur la santé des gens, des animaux, de l'écosystème.

    Puis ceux qui on peur des pertes d'emplois, des efforts à faire pour aider l'écosystème. Peur que de nouvelles technologies ne soient pas trouver, etc.

    Si on investi pour des emplois dans des énergies qui à moyen-long terme vont s'épuiser et qui de plus sont néfaste pour l'environnement, par peur du manque d'emplois. Il semble plus logique d'investir dans le développement d'énergie renouvelable qui vont créer aussi des emplois, sans endommager l'environnement. Il y a du potentiel et de toute façon faudra en arriver là un jour, alors pourquoi pas commencer maintenant. De plus on pourra exporter ces technologies au pays qui ne l'auront pas déjà découverte.

  • hypopotam - Inscrit 15 février 2011 10 h 41

    De plus

    Même si on a des ressources ici et que l'on pourrait faire de l'argent et des emplois avec, eh bien on peut oublier le côté faire de l'argent car notre bon gouvernement va surement le vendre à l'étranger, comme c'est le cas qu'on peut voir dans cette article.

    http://argent.canoe.ca/lca/affaires/quebec/archive