Profit net des banques: 20 milliards et des poussières

Photo: Agence Reuters Christinne Muschi

BMO Groupe financier a profité de la vigueur de ses activités de base au Canada pour inscrire un bénéfice net de 2,8 milliards au terme de son exercice 2010. Ce résultat gonfle le bénéfice cumulé par les six grandes banques à 20 milliards cette année, en hausse de 42 % par rapport à 2009.

Ce total de 20,45 milliards pour les six grandes banques pour l'exercice clos le 31 octobre 2010 se compare à celui de 14,37 milliards de 2009. Les plus fortes hausses en pourcentage ont été observées à la CIBC (+108,3 %) et à la BMO (+57,2 %), puis à la TD (+48,8 %). Pour sa part, la Banque Nationale s'est démarquée en étant la première des six grandes banques à offrir une hausse du dividende à ses actionnaires depuis l'éclatement de la crise financière.

Cette performance d'ensemble masque toutefois un changement de rythme au quatrième trimestre de l'exercice. Au cumul, les banques ont comptabilisé un bénéfice net de 4,73 milliards au cours des trois derniers mois de l'exercice, à peine changé par rapport à celui de 4,68 milliards du quatrième trimestre de 2009. Seulement trois des six banques ont affiché une croissance entre ces deux trimestres de comparaison.

La BMO est du nombre. L'institution a inscrit un bénéfice net trimestriel de 739 millions, ou de 1,24 $ par action, en hausse de 14 % sur celui de 647 millions du trimestre correspondant de 2009. Le rendement sur fonds propres a atteint 15,1 %. Ce résultat porte le bénéfice de l'ensemble de l'exercice à 2,81 milliards, ou à 4,75 $ par action, en hausse de 57 % sur celui de 1,79 milliard de l'exercice 2009. Le rendement sur fonds propres au terme de 2010 a été de 14,9 %.

La quatrième banque au pays selon l'actif a pu miser sur la bonne tenue de ses activités bancaires de base au Canada. Le président et chef de la direction, Bill Downe, a précisé hier qu'une reprise du crédit était en cours. Au dernier trimestre, «les Services bancaires Particuliers et entreprises - Canada ont encore obtenu un très bon rendement, le revenu net atteignant 420 millions, ce qui représente une hausse de 22 millions ou de 5,5 % par rapport à la même période l'an dernier», peut-on lire dans le communiqué. Outre l'accroissement des volumes, ces résultats reposent également sur l'acquisition de la franchise nord-américaine de Diners Club et sur l'élargissement de la marge nette d'intérêts.

Dans le segment «entreprises», la banque a souligné que sa part de marché atteint les 20,3 % au Canada. «Pour ce qui est des services bancaires aux entreprises, notre part de marché des prêts à la PME a, pour deux trimestres consécutifs, dépassé les 20 %. Nous occupons toujours la deuxième place au chapitre de la part du marché canadien des prêts aux entreprises, et notre but est de devenir la banque de choix des entreprises canadiennes», a-t-elle ajouté.

BMO Groupe financier est cependant demeuré affecté par la conjoncture économique difficile aux États-Unis. Fortement implantée dans le Midwest américain, la banque a indiqué qu'elle a bénéficié là-bas «de l'élargissement de ses marges sur les prêts, de l'ouverture de nouveaux comptes et de l'essor des soldes de ses dépôts». Ces gains ont été plus qu'effacés par des pertes sur créances plus importantes et par l'incidence des prêts douteux.

Le revenu net du trimestre des activités bancaires américaines a été de 37 millions $US, en baisse de 21 %. Ce recul renferme cependant des coûts d'intégration liés aux acquisitions. «Au cours du quatrième trimestre, nous avons mené à terme l'intégration des activités de la banque située à Rockford, en Illinois, ainsi que des actifs et passifs acquis ou pris en charge à la fin du deuxième trimestre», a-telle indiqué.

Parmi les faits saillants de l'exercice, on peut observer que les dotations à la provision pour pertes sur créances ont été ramenées à 1,05 milliard, contre 1,6 milliard un an plus tôt.
9 commentaires
  • 54lili - Inscrit 8 décembre 2010 06 h 40

    et des poussières

    poussières d'or que beaucoup de gens ont payés en frais de toute sorte aux actionnaires des banques

  • Rodrigue Tremblay - Inscrit 8 décembre 2010 07 h 50

    Incroyable

    20 milliards de profits sur un PIB de 1,400 milliards.
    Ca veut dire que sur chaque 70$ que l'on produit au Canada, un dollar se retrouve en bout de ligne en PROFITS aux banques. Pas en services, en PROFITS!
    Oubliez Mafia INC....

  • Sanzalure - Inscrit 8 décembre 2010 08 h 43

    Pas de quoi se réjouir

    Je ne vois pas pourquoi il faudrait se réjouir que les banques aient réussi à soutirer 20 milliards de trop aux déposants.

    Serge Grenier

  • Marie-Claude Bélanger - Inscrite 8 décembre 2010 10 h 54

    Vive les coopératives

    On peut se désoler passivement d'encourager ce système ou on peut décider de virer ses épargnes à une caisse Desjardins qui constitue une coopérative. Les profits sont donc retournés aux membres sous forme de ristourne.

  • Trobadorem - Inscrit 8 décembre 2010 12 h 28

    AHhhhhh....enfin, ca commence à sortir! Grenier a tout à fait raison...MAFIA INC.....sont des enfants d'écoles à côté des Desmarais de ce monde....

    Pensez-vous que ca n'arrange pas du monde que l'attention soit portée sur l'industrie de la corr...oups de la construction ? Ce sont des milliards qui sont partis dans les trous de la Caisse de dépôt et ceux des banques....

    Impressionnant de voir comment les gens, même les plus intelligents, peuvent par peur, entrer dans cette insidieuse dynamique de justification d'un système en faillite. Nous sommes encore à l'ère des primates....au plus fort la poche avec un ptit peu de "poush poush" pour pas que ca sente trop mauvais....

    Ouf....je vais aller prendre une marche et contempler la nature pendant qu'elle est encore là....

    Bonne journée à tous....malgré tout. Tant qu'y a d'la vie y a d'lespoir....