Bill Clinton à Montréal - Des baisses d'impôt peuvent menacer la prospérité

Bill Clinton<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Mark Ralston Bill Clinton

En plein sprint final avant les élections législatives américaines de mardi prochain, l'ex-président démocrate Bill Clinton a soutenu hier que l'obsession des baisses d'impôt devait prendre fin, invitant du même coup les Américains à revenir aux «faits» au lieu de se laisser aller à la colère contre l'administration Obama.

«Nous vivons dans un monde où les gens se sont détachés des faits, a affirmé l'ancien chef de la Maison-Blanche à la tribune de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Le plus important est que personne ne veut payer d'impôt et aucune institution ayant du pouvoir ne devrait être soumise à la régulation de l'État.»

Or «les faits» démontrent, selon lui, que les baisses d'impôt excessives et la déréglementation économique représentent une menace certaine pour la prospérité des États et des citoyens. Une réalité illustrée de façon particulièrement cruelle par la plus récente crise économique. Malgré le fait que l'administration Obama s'est engagée à changer les choses, les Américains sont sur le point de lui servir, dans l'isoloir, un cuisant revers.

Cette grogne, alimentée par une reprise économique qui tarde à venir, tiendrait en partie au fait que les démocrates n'ont pas suffisamment expliqué leur plan de relance. Résultat: «Ceux qui avaient peu perdu pendant la crise jugent que le gouvernement dépense trop et ceux qui avaient perdu beaucoup croient que le gouvernement a payé pour sauver des banques qui maintenant s'accordent des bonus.» Appelé à la rescousse par les démocrates, l'ex-président tente d'ailleurs de convaincre les électeurs que le plan Obama peut aider à sortir les États-Unis du marasme.

M. Clinton estime en outre qu'au sortir de la crise, il ne faudra pas seulement voir si la croissance est de retour, mais si cette croissance est «plus stable». Et pour y parvenir, il est essentiel de réformer les institutions américaines, notamment dans les domaines de la santé, de l'éducation et de la finance. «Si vous dites que tout est bien et que vous refusez tout changement, vous risquez de décliner. Vous pouvez maintenir la prospérité, mais, au final, vous allez décliner. Dans les pays riches, nous devons améliorer et moderniser nos institutions.»

Le problème, c'est qu'«en politique, on demande toujours combien de temps ça va prendre et combien ça va coûter». Cette façon de faire expliquerait, par exemple, pourquoi il n'y a pas de débat sur les façons de développer les énergies vertes. Selon Bill Clinton, peu de choses ont en effet été faites au cours des dernières années pour modifier notre consommation énergétique, toujours centrée sur les énergies fossiles, pétrole en tête. Et rien de substantiel ne sera fait si on ne démontre pas que les changements vers des technologies plus «propres» seront rentables. Il faut en fait se demander «comment faire de ce problème une occasion».

Inside Job


Devant une salle bondée du Centre Sheraton, M. Clinton n'a pas fait mention du nouveau documentaire Inside Job, qui critique vertement son administration, accusée d'avoir été très conciliante envers Wall Street. Son réalisateur soulignait d'ailleurs récemment que «les changements les plus dangereux à la réglementation des banques ont été faits sous l'administration Clinton. Les gens les plus dangereux sous Clinton, comme Larry Summers, sont encore en poste sous Obama». Celui qui a occupé le bureau ovale pendant huit ans n'a pas manqué cependant de vanter les mérites du système bancaire canadien.

Le 42e président américain était de passage à Montréal alors qu'il prenait une pause de la campagne particulièrement effrénée qu'il mène pour tenter de sauver les meubles pour le camp démocrate, à quelques jours d'élections législatives qui devraient éroder le poids politique de la formation de Barack Obama au sein du Congrès et du Sénat. Plus de 10 ans après avoir quitté la Maison-Blanche, M. Clinton parcourt inlassablement le pays pour prêter main-forte aux candidats en danger face à des républicains souvent en tête dans les sondages, qui surfent sur une vague de mécontentement.
4 commentaires
  • Jacques Morissette - Abonné 30 octobre 2010 05 h 25

    Bill Clonton vient faire mordre la poussière à l'étroitesse d'esprit de nos Lucides.

    En somme, les arguments de Bill Clinton sont tout le contraire de ceux de nos Lucides. Pour moi, nos Lucides sont comme des curés qui prêchent pour leur paroisse dans le bu de nous faire adorer leur veau d'or. Tandis que celui de Bill Clinton est un discours plus socialement responsable.

    La société n'est pas une jungle et elle repose sur une économie qui ne fait pas parti de la nature, contrairement à ce qu'en pensent nos lucides. L'économie est en effet un système élaboré de manière à en faire profiter tout le monde, pas uniquement une petite clique qui cherche à tirer continuellement sur la couverture de leurs intérêts personnels.

    Il est faut de penser que quand leurs intérêts personnels sont bien servis, tout le monde en profite. Les arguments qu'ils défendent sont faux et sont un recul de la société quand elle fonctionne sur cette base. C'est à croire si certains ne jugent pas de leur valeur humaine à l'épaisseur de leur compte en banque.

    Au contraire, Bill Clinton semble dire que le compte en banque de tout le monde est important. La fiscalité n'est pas une honte pour un État qui se respecte. Quand au film "Inside Job", je présume qu'il dénonce l'aide de leur gouvernement qui s'est inspiré des gens qui ont la même mentalité que nos fameux Lucides à l'esprit étroit. Si c'est le cas, je lui donne raison...

  • tonnerre - Inscrit 30 octobre 2010 23 h 50

    Conséquences des baisses d'impôts

    Baisser les impôts selon Bill Clinton serait une menace à la prospérité d'un État. D'abord, il aurait fallu que Monsieur Clinton explique que les baisses d'impôts aident à gagner des élections mais n'aident pas à faire comprendre aux citoyens d'arrêter de commander toutes sortes de demandes et de services à l'État. Nos impôts servent à les payer. Donc, ce que veut nous faire comprendre Monsieur Clinton, qu'en diminuant les impôts on diminue automatiquement des services existants et plusieurs vont en souffrir.

    Monsieur Clinton sait très bien que le régime de santé mis en branle aux USA va coûter une beurrée et c'est le meilleur temps pour être contre toutes diminutions d'impôts.

    Avons-nous besoin de moralisateur pour nous faire commprendre en tant que simples citoyens que toutes demandes d'aide et de soutien que l'on sollicite à l'État se paie par nos impôts. En les diminuant et bien c'est vicieux puisqu'on accepte les demandes pour mieux couper les services par la suite. Question de prospérité ou question de compréhension sur les effets du socialisme.

  • taureau911 - Inscrit 1 novembre 2010 01 h 35

    clinton

    ce que clinton n'a pas compris c'est qi'il etait dans un des etats provinces les plus endettes de l'amerique du nord, avec l' un des plus grand interventioniste de l'amerique du nord le quebec.que le quebec est l'un des lieux les plus taxe en amerique du nord.et tout sa fait avec une grande serie de pseudo deficite zero.si on avaient pris le temps de lui explique ca mr clinton aurait eu droit a une grande dose de luciditee. notre heritage catholique nous trahi encore l'argent c'est encore sale et on a remplacer le cure par le gouvernement .le gouvernement de chretien et martin avait reussi a equilibre le budget pendant une des pire crise economique de l' histoire du canada. ils ont fait la preuve que de l'argent dans le systeme il y en a beaucoup et que l'equilibre dans se beacoup est une question de volonte.couper les taxe une fois le menage des finance publique pas de probleme.

  • Jacques Lafond - Inscrit 1 novembre 2010 08 h 34

    Franchement

    L'état du Québec est le plus taxé en amérique. Bill Clinton vint nous dire du n'importe quoi ici, il empoche son magot, puis il s'en va. Pas fort. Pas fort.