Guerre des monnaies - Il faut éviter de répéter les erreurs de la Grande Dépression

Robert Zoellick<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Tim Sloan Robert Zoellick

Washington — Les leaders mondiaux doivent désamorcer les tensions monétaires avant qu'elles ne s'aggravent et éviter ainsi de renouveler les erreurs de la Grande Dépression, a déclaré hier le directeur de la Banque mondiale, Robert Zoellick.

Le directeur du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a pour sa part déploré un affaiblissement de l'esprit de coopération économique mondiale, qui avait prévalu en 2008, au plus fort de la crise financière, dans un contexte de reprise contrastée et fragile.

La crainte de voir émerger une guerre des monnaies et des échanges commerciaux, qui furent des détonateurs de la Grande Dépression, sera le cheval de bataille du FMI et de la Banque mondiale lors de leurs réunions prévues ce week-end et devrait également être l'un des principaux sujets de discussion des ministres des Finances du G7 aujourd'hui.

Les échanges tourneront surtout autour de la meilleure manière de persuader la Chine de laisser sa monnaie s'apprécier. «Si on laisse le conflit s'installer, ou certaines formes de protectionnisme, alors nous risquons de répéter les erreurs des années 1930», a déclaré à la presse, Robert Zoellick.

Le FMI a abaissé mercredi sa prévision de croissance mondiale pour 2011 à 4,2%, alors qu'il prédisait 4,3% en juillet. L'ajustement des budgets des pays industrialisés, grevés par la dette, devrait peser sur leurs économies, a souligné l'institution.

La faible croissance intérieure des pays rend leurs économies dépendantes aux exportations, faisant planer la crainte d'une dépréciation intentionnelle de leurs monnaies pour soutenir les échanges. Le mois dernier, le Japon est en effet intervenu pour la première fois en six ans pour faire reculer les cours du yen, et plusieurs pays émergent ont pris des mesures pour empêcher leur monnaie de fluctuer trop rapidement à la hausse.

Dominique Strauss-Kahn a déploré un affaiblissement de l'effort de coordination des politiques économiques au niveau mondial, une évolution susceptible de menacer la reprise. «On peut dire que l'élan ne disparaît pas, mais s'affaiblit, et pose une réelle menace, car tout le monde doit bien avoir à l'esprit qu'il n'y a pas de solution à l'échelle locale à cette crise mondiale», a-t-il déclaré à la presse.

Concernant les conflits monétaires, il a jugé que l'expression «guerre des monnaies» était «un peu trop militaire. Mais il est vrai que nombreux sont ceux qui considèrent leur monnaie comme une arme, ce qui n'est certainement pas une bonne chose pour l'économie mondiale.»

Dans une interview publiée par Le Monde hier, il a mentionné la politique monétaire chinoise comme un problème primordial à résoudre pour rééquilibrer l'économie mondiale. «La sous-évaluation du yuan est source de tensions pour l'économie mondiale, et est en train de devenir une menace», a-t-il déclaré au quotidien. «Si nous voulons éviter de créer les conditions d'une nouvelle crise, la Chine devra accélérer le processus d'appréciation [de sa monnaie].»

La Chine a maintenu le yuan à un niveau stable pendant la crise financière mais s'était engagée en juin à le laisser le fluctuer plus librement. Mais, depuis, le yuan n'a pris qu'environ 2 % par rapport au dollar.

La Banque centrale européenne et la Banque d'Angleterre ont décidé hier de maintenir leur taux d'intervention à un niveau historiquement bas, et la Banque du Japon a abaissé le sien à zéro cette semaine. La Réserve Fédérale envisage quant à elle de faire davantage fonctionner la planche à billet pour racheter des actifs dans l'espoir de soutenir la croissance américaine et de faire baisser le taux de chômage. Mais une telle position a pour effet d'affaiblir le dollar et donc d'alimenter les tensions internationales.

Depuis la mi-juin, le dollar a reculé de près de 13 % contre un panier de devises, effaçant la plupart des gains enregistrés en début d'année quand les difficultés budgétaires des pays européens avaient encouragé la demande de valeurs refuge comme le dollar.
2 commentaires
  • Godfax - Inscrit 8 octobre 2010 02 h 03

    L'impérialisme financier a parlé

    C’est un secret de polichinel, la banque mondial et le fmi ne sert que le grand capital. Ces organes quasi-supra-national SONT (avec l'omc) les grands responsables de la dérégulation sauvage de l’économie qui a provoquer dans tout les pays du sud la fin de la sécurité alimentaire.

    Personellement, je ne respecte plus du tout Zoellick depuis qu’il a dit que la crise alimentaire d’aujourd’hui était inévitable. Ca fait 40 ans que le FMI et la Banque Mondial accompagne les multi-nationales et toute la grande oligarchie mondial à garder les peuples du sud dans un servage de type féodale.

    Le protectionisme ce n’est pas le diable, le dumping financier c'est de l'esclavagisme camouflé. Pour qu’il y est justice social un protectionisme intéligent doit absolument être fait, la mondialisation actuelle va contre la dignité humaine c'est honteux.

    Pour l’industrie, l’exploitation de main d’oeuvre bon marché tiere-mondiste est devenu une meilleur affaire que d’investir en recherché/innovation et en formation de haut niveau. Les enterprises n’ont plus a assumer les couts sociaux avec la mondialisation; si un syndicat devient trop ambitieux,,, elle déménage la production en asie. (très très bas salaire).
    Karl Marx qui a eu tort durent les 30 glorieuses mais maintenant il a raison, la mondialisation financiere capitaliste a paupérisation les producteurs, a baissé les salaires, a fait perdre des acquis sociaux , a causé du chômage, a entraînent une baisse générale des niveaux de vie. Nous somme a l’aire des capitaux spéculatifs, l’industrie on l’a abondonné au chinois. C’est la décroissance total mais elle est cammouflé par l'endettement de l’États. Depuis les années 80 nos gouvernement stimulé par les syndicates on tout fait conserver les niveaux de vie des 30 glorieuses. Maintenant que la dette a atteind des sommes abyssales on sort les idéologies malthusiennes de décroissance du Club de Rome et on les

  • Gilbert Talbot - Abonné 8 octobre 2010 20 h 47

    Méfiez-vous des Soros.

    En fait, la guerre des monnaies fait l'affaire des spéculateurs comme Soros qui ont gagné leur fortune en jouant sur l'efforndfrement de certaines monnaies au détriment de d'autres monnaies. Si Crise il y a, ce ne sera pas premièrement à cause des États qui protègent leur monnaie, comme la Chine. Les États-Unis joue aussi à conserver un dollar bas, pour encourager les exportations de leurs produits. Non, ce sera d'abord le fait de spéculateurs verreux, qui ne cherchent que l'appât du gain rapide, instantané presque. C'est d'abord l'effondrement des valeurs morales qui entraînera l'effondfrement des valeurs boursières.