Conférence internationale du mouvement coopératif et mutualiste québécois - Une économie solide repose sur la diversité

La biodiversité entrepreneuriale est la solution pour une économie solide, est-il ressorti de la Conférence internationale du mouvement coopératif et mutualiste québécois, qui se tenait à Lévis cette semaine.

Ce concept de «biodiversité», défini par le conférencier Felice Scalvini, vice-président de l'Alliance coopérative internationale, a été repris par plusieurs des 550 participants qui se sont rendus dans la ville berceau du modèle coopératif québécois mercredi et jeudi. En bref, les coopératives, les mutuelles, les entreprises d'économie sociale, les entreprises familiales et les artisans doivent prendre plus d'espace dans la sphère économique pour en assurer la stabilité. «On voit qu'il faut réformer le système économique, mais tout le monde se dit qu'on ne peut pas le changer du tout au tout», explique Hélène Simard, présidente-directrice générale du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité, regroupement qui a organisé la conférence avec l'Alliance de recherche université-communauté. «On a essayé des systèmes socialistes, communistes et ça a échoué. On essaie le libéralisme et on voit les crises que cela a entraînées. La solution est peut-être plus dans la diversification de l'économie.»

Le Québec a fait bonne figure à ce chapitre devant les participants internationaux selon elle, puisque son économie comprend une certaine diversité, avec ses entreprises étatiques et son secteur coopératif «très fort». «Le premier employeur privé dans la province est une coopérative [Desjardins], rappelle Hélène Simard. Et on a encore beaucoup d'entreprises familiales.» Néanmoins, il se crée encore trop peu d'entreprises collectives et coopératives dans la province, estime-t-on dans le milieu, alors qu'il y en a environ 100 nouvelles par an sur un total de 30 000 entreprises en moyenne.

Les participants croient que la société a atteint un «momentum» pour ce changement de paradigme, en raison de la crise économique. «Il faut travailler à se construire une économie plus solide qui va faire qu'on ne va pas aller de crise en crise», dit Mme Simard. À ce chapitre, le conférencier Claude Béland, ancien président du Mouvement Desjardins, a assuré qu'il pouvait déjà prévoir la prochaine crise — environ sept ans après celle que le monde vient de traverser — si rien ne change.

Les coopératives ont montré leur efficacité ces deux dernières années, a rappelé Hagen Henrÿ, représentant du Bureau international du travail des Nations unies, qui a participé aux échanges à Lévis. À travers le monde, les pays qui ont une plus forte économie coopérative ont plus facilement traversé les derniers remous économiques. «Les coopératives ont été non seulement résilientes, mais elles ont continué à créer de l'emploi même pendant la crise», ajoute Mme Simard. En mettant l'accent sur l'humain plutôt que sur le profit, les emplois et les besoins des membres sont mieux protégés, que «lorsqu'on surveille tous les jours si on fait des profits».