Pétrolia en Gaspésie - Réserves de pétrole confirmées

Forage sur la propriété Haldimand, près de Gaspé<br />
Photo: Source: Pétrolia Forage sur la propriété Haldimand, près de Gaspé

Le potentiel pétrolier de la Gaspésie se précise un peu plus. La société Pétrolia a annoncé hier qu’une firme indépendante a confirmé l’estimation des ressources pétrolières présentes dans le sous-sol de sa propriété de Haldimand, située près de Gaspé. Celles-ci s’élèveraient à pas moins de 7,7 millions de barils récupérables, ce qui porte le potentiel de la région à plus de 20 millions de barils d’or noir. Et ce ne pourrait être qu’un début.

Ainsi, sur la seule portion de 9 km2 retenue pour l’évaluation, la meilleure estimation du pétrole initialement en place est de 69,7 millions de barils et les ressources contingentes — récupérables — s’établissent à 7,7 millions de barils. Qui plus est, précise la firme Sproule Associates Limited, cette évaluation est sujette à révision, une fois d’autres travaux d’exploration complétés. «Il y a 50 % des chances que la quantité de pétrole en place soit inférieure ou supérieure à la meilleure estimation», souligne le rapport basé sur les données disponibles au 31 décembre 2009.

Une très bonne nouvelle pour le président de Pétrolia, André Proulx. «Cette confirmation rigoureuse de nos estimations est très encourageante puisqu’elle ne s’applique qu’au seul territoire de 9 km2 que représente la propriété de Haldimand, alors que la structure se prolonge au-delà de ce périmètre. Au plan commercial, ce volume de pétrole récupérable permet d’envisager une exploitation viable. La présence d’un tel volume de pétrole récupérable dans cette seule structure nous laisse présager d’autres possibilités de découvertes significatives sur le territoire de la Gaspésie, où Pétrolia détient de nombreux permis propices à la découverte de pétrole.»

Réserves gaspésiennes

Pétrolia — qui contrôle un domaine minier de 15 000 km2 — détient un intérêt de 65 % sur la propriété de Haldimand et l’entreprise Junex, 35 %. En vertu de l’entente récemment conclue avec Junex, Pétrolia détient maintenant 100 % des intérêts sur les territoires entourant la propriété de Haldimand.

Junex a quant à elle annoncé il y a deux semaines que le permis d’exploration de Galt, situé à l’ouest de Gaspé, pourrait contenir plus de 180 millions de barils. Le rapport précise que de ce nombre, 13 750 000 barils de pétrole seraient «potentiellement récupérables». Cela porte le potentiel de la région à plus de 20 millions de barils.

Pétrolia travaille aussi sur le projet Bourque, situé près de Murdochville. Celui-ci pourrait produire de grandes quantités d’or noir. Le site possède certaines caractéristiques géologiques similaires à celles du champ pétrolier Leduc, en Alberta, dont la découverte dans les années 1940 a fait bondir l’exploration pétrolière.

Île d’Anticosti

L’entreprise s’active par ailleurs du côté d’Anticosti, où elle doit mener des forages à partir d’un puits déjà existant de façon à évaluer le potentiel d’exploitation qui se trouverait dans le sous-sol de cette île reconnue pour être un paradis de la chasse et de la pêche. «On considère que l’île d’Anticosti est probablement la zone la plus prometteuse au Québec sur la terre ferme. C’est probablement la plus belle cible actuellement», insistait d’ailleurs récemment M. Proulx. Les droits miniers sur ces zones si prometteuses aujourd’hui ont été rachetés à Hydro-Québec il y a à peine deux ans, en contrepartie d’une «redevance prioritaire» sur la production pétrolière. Hydro n’a pas précisé le montant de ladite redevance.

Avec l’ensemble des projets présents et à venir, André Proulx entrevoit une bonne production, quoique bien modeste dans le contexte international. «D’ici 2014, on pourrait produire 20 000 barils par jour, c’est-à-dire environ 5 % des besoins en pétrole du Québec. D’autres cibles pourraient venir augmenter ce chiffre. Les calculs de ressources précis seront publiés bientôt. Si on réussissait, ça permettrait de faire décoller le secteur du pétrole ici.»

Selon le Registraire des entreprises du Québec, le premier actionnaire de Pétrolia est Pilatus Energy AG, une compagnie qui a pignon sur rue en Suisse. L’entreprise possède au moins la moitié des droits sur plus de 80 % du territoire québécois où on retrouverait un potentiel pétrolier.

Il n’existe pas de véritable politique pour encadrer l’exploitation des hydrocarbures au Québec. Le gouvernement Charest doit préparer un projet de loi qui sera vraisemblablement déposé à l’automne. La chose est devenue d’autant plus nécessaire que les entreprises qui s’activent dans l’exploration gazière et pétrolière entrevoient de plus en plus une exploitation commerciale.
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