Churchill Falls - Terre-Neuve perd contre Hydro-Québec

Hydro-Québec
Photo: Source: Hydro-Québec Hydro-Québec

La Régie de l'énergie du Québec a débouté hier Terre-Neuve-et-Labrador, qui contestait le refus d'Hydro-Québec de faire transiter l'électricité du du Bas-Churchill sur son réseau.

Le premier ministre de la province maritime, Danny Williams, n'a pas tardé à s'insurger, accusant notamment le Québec de faire preuve d'«arrogance» et de «discrimination».

Newfoundland and Labrador Hydro (NLH) souhaite construire, sur le fleuve Churchill, au Labrador, un deuxième complexe hydroélectrique d'une puissance de 2800 mégawatts. Pour vendre et transporter l'électricité qui y sera produite vers l'Ontario, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Angleterre et l'État de New York, la société terre-neuvienne voulait utiliser le réseau d'Hydro-Québec TransÉnergie.

Terre-Neuve a déposé une requête de transport en janvier 2006, mais Hydro-Québec l'a rejetée l'année suivante, invoquant un manque de capacité sur son réseau. Une autre demande a suivi en janvier 2008. Selon NLH, Hydro-Québec lui demande de verser pas moins de 3 milliards pour construire les infrastructures de transport nécessaires à ses besoins.

NLH soutient qu'il reste suffisamment de capacité sur le réseau actuel d'Hydro pour transporter une bonne partie de l'électricité qui doit être produite au complexe du Bas-Churchill. Terre-Neuve n'exclut pas qu'il faille procéder à des ajouts au réseau d'Hydro pour le faire, mais estime que la facture s'élève à bien moins de 3 milliards.

Arguant qu'Hydro-Québec a agi illégalement, NLH a déposé des plaintes devant la Régie de l'énergie. L'organisme réglementaire a tenu trois semaines d'audiences sur la question en janvier.

Dans sa décision, la Régie conclut qu'Hydro-Québec «était en droit de refuser d'engager des négociations» avec NLH en vue de conclure un contrat d'utilisation de son réseau de transport.

NLH a présenté plusieurs demandes à Hydro-Québec et celle de janvier 2008, au coeur du litige, combinait plusieurs «segments de livraison» d'électricité, sans que la durée du service requis ne soit précisée, a noté la Régie.

Selon la Régie, l'étude d'impact qui avait été menée pour évaluer la première demande de Terre-Neuve-et-Labrador ne suffisait pas pour donner le feu vert à la demande de janvier 2008. Aucune étude d'impact exhaustive n'a été effectuée pour cette dernière.

«Donner suite à une telle demande serait de la pure spéculation», ont tranché les régisseurs.

Terre-Neuve-et-Labrador songe sérieusement à contester la décision. Il n'est pas possible de porter en appel les décisions de la Régie de l'énergie, mais un processus de révision existe au sein même de l'organisme.

«Même si nous sommes déçus de cette décision, nous n'en sommes pas surpris, puisqu'elle est cohérente avec les tentatives passées du Québec d'empêcher ce projet [du Bas-Churchill] d'aller de l'avant, sauf à ses conditions», s'est indigné M. Williams dans un communiqué.

«L'absurdité de la décision est embarrassante pour le Québec», a-t-il ajouté.
1 commentaire
  • Joseph Pilon - Inscrit 14 mai 2010 20 h 15

    plus d'informations

    C'est intéressant, mais dans ce genre de cas le simple lecteur peut difficilement se faire une idée sans avoir accès à plus d'information.

    Je déplore le manque de lien vers les sources d'information pertinentes. Je n'ai pas nécessairement le temps de faire des recherches approfondies, mais j'aurais déjà plus le temps si le journal m'aidait en mettant à ma disposition les sources d'information qui ont servies de toute facon à écrire l'article.