Karlheinz Schreiber est condamné à huit ans de prison

Le lobbyiste germano-canadien Karlheinz Schreiber a été reconnu coupable de ne pas avoir déclaré des revenus totalisant quelque 10 millions $US.
Photo: Agence Reuters Le lobbyiste germano-canadien Karlheinz Schreiber a été reconnu coupable de ne pas avoir déclaré des revenus totalisant quelque 10 millions $US.

Augsbourg, Allemagne — Le lobbyiste germano-canadien Karlheinz Schreiber a été reconnu coupable hier d'évasion fiscale en Allemagne.

Schreiber, dont les relations avec Brian Mulroney avaient amené l'ancien premier ministre à se défendre devant une commission d'enquête publique, a été condamné à huit ans de prison.

On lui reproche de ne pas avoir déclaré au fisc allemand l'argent qu'il aurait reçu, dans les années 1990, en lien avec la vente d'hélicoptères à la Garde côtière canadienne, d'avions Airbus à la Thaïlande et au Canada, et de chars à l'Arabie saoudite.

Schreiber, qui s'est aussi retrouvé au coeur d'un scandale de financement politique impliquant l'ancien chancelier allemand Helmut Kohl, a été reconnu coupable de ne pas avoir déclaré des revenus totalisant quelque 10 millions $US.

Les avocats de la poursuite réclamaient une peine de neuf ans de prison, tandis que les avocats de Schreiber demandaient son acquittement. On ne sait pas encore si les parties en appelleront du verdict ou de la peine.

Schreiber avait été arrêté au Canada en 1999 et envoyé en Allemagne en août dernier après avoir perdu une bataille de 10 ans menée dans l'espoir d'éviter l'extradition.

Schreiber aurait aussi remis une contribution en liquide à l'ancien trésorier du parti de M. Kohl, Walther Leisler Kiep. M. Kohl lui-même a reconnu, en 1999, avoir accepté des contributions illégales.

Cet aveu a terni la réputation de M. Kohl, qui a dirigé l'Allemagne entre 1982 et 1998, et mené à une enquête criminelle contre celui qui a réunifié le pays en 1990. Le dossier a été fermé en 2001 sans qu'aucune accusation ne soit portée, quand M. Kohl a accepté d'acquitter de lourdes amendes.

Schreiber avait tout d'abord été accusé d'évasion fiscale, de corruption et d'avoir été accessoire à un abus de pouvoir et à une fraude. Seule l'accusation d'évasion fiscale a toutefois été retenue par le tribunal, puisqu'il y avait prescription sur celle de corruption et que les deux autres n'étaient pas couvertes par son ordre d'extradition du Canada.
1 commentaire
  • Fernand Trudel - Inscrit 6 mai 2010 12 h 04

    On le connait lui...

    N'est-ce pas celui qui était accusé d'avoir offert des enveloppes brunes à Brian Mulroney ???