Démographie - Québec veut des «retraités actifs»

Québec — Préoccupé par le faible taux de participation des 55-70 ans au marché du travail, le gouvernement Charest créé une «commission nationale» sur le «vieillissement actif».

Dirigée par la présidente de la Fédération des chambres de commerce, Françoise Bertrand, et l'ancien sous-ministre et «retraité actif» Gilles Demers, la nouvelle Commission nationale sur la participation au marché du travail se voit confier un budget de recherche de 1 million. Son mandat consistera à réfléchir sur ce que le gouvernement peut faire pour contrer le renversement de la pyramide démographique.

Le gouvernement est particulièrement préoccupé par le fait que le taux de participation au marché du travail des 55-70 ans est «relativement peu élevé» en comparaison avec ce qu'on observe en Ontario.

L'Institut de la statistique du Québec estime que la population en âge de travailler va commencer à décliner à compter de 2014, ce qui entraînerait une baisse de 0,2 % du PIB à partir de 2021, soit le tiers de la croissance escomptée. «Cela signifie qu'en raison des seuls changements démographiques, la croissance du PIB réel pourrait être réduite de 0,8 % annuellement de 2021 à 2025, comparativement à la moyenne des 27 dernières années», fait-on valoir dans les documents budgétaires.

La Commission, qui devra déposer un rapport d'ici février 2011, devra mener des consultations auprès d'experts, de représentants des 55-70 ans et de groupes d'intérêts (syndicats, patrons, etc.). On souhaite qu'elle explore de nouveaux modèles d'organisation du travail pour sortir des sentiers battus et qu'elle étudie la possibilité d'introduire des mesures fiscales pour inciter les retraités à continuer à travailler. On lui demande aussi d'évaluer si les régimes de retraite sont adaptés au contexte démographique.

Toujours au chapitre des mesures touchant spécialement les aînés, le gouvernement Charest bonifie également le crédit d'impôt dédié au maintien à domicile des personnes âgées en assouplissant ses critères d'admissibilité, changement qui devrait toucher 12 000 personnes, plaide-t-on. Enfin, Québec renouvelle l'effort pour soutenir les aidants naturels, qui héritent de 2 millions supplémentaires.

Hier, l'Association québécoise des retraité(e)s des secteurs public et parapublic (AQRP) s'est dite «amèrement déçue» par ces mesures. Se disant «très préoccupée par l'effet des hausses de la TVQ et des tarifs gouvernementaux sur la clientèle aînée», l'Association estime que les mesures d'atténuation prévues par le gouvernement (exemption limitée pour la contribution santé et crédit d'impôt pour la solidarité financé en partie par des provisions déjà annoncées) sont trop faibles.
3 commentaires
  • Jean-Claude Préfontaine - Abonné 31 mars 2010 09 h 51

    Vraiment préoccupé?

    Le crédit d'impôt dédié au maintien à domicile des personnes âgées ne profite qu'à des gens assez riches pour payer de l'impôt et pas assez riches pour se payer un fiscaliste. La grande majorité des utilisateurs des entreprises d’économie sociale en aide domestique n’y ont pas droit.

    Quant à remettre les retraités au travail, il faudra que les entreprises se guérissent d'un mal bien ancré : l’âgisme. Elles cultivent un jardin de clichés : ils coûtent trop chers, ne sont pas assez rapides, trop inflexibles, n'apprennent pas vite, pas assez obéissants... C'est une vraie révolution culturelle qu'il faudra y opérer, car les jeunes gestionnaires en place n'y voient que du bois MORT chez les aînés dont il faut se débarrasser pour augmenter la productivité des entreprises. Le gouvernement connaît la difficulté, car il ne fait que mettre en place une commission qui reportera à plus tard un plan d'action et qui à court terme permettra de récompenser des amis du parti gouvernemental.

  • 15124 - Inscrit 31 mars 2010 09 h 54

    Une "Commission " des pour remplacer le Conseil des aînés?

    Ce n'est assurément pas en faisant disparaître le Conseil des aînés (comme le prévoit le budget Bachand présenté hier) que l'on améliorera la situation! Ce Conseil (avant qu'il ne soit mis en tutelle) demeurait pourtant le dernier rempart contre l'arbitraire fantaisiste du gouvernement à l'égard des aînés. Le Conseil avait en 2008 mis en évidence que quelque 300,000 personnes de 60 ans au Québec, souhaiteraient demeurer au travail ou y revenir si on en leur fournissait l'occasion. Si les mêmes méthodes de fonctionnement du ministère du travail à l'endroit des aînés est maintenu, ce n'est pas la constitution d'un nouveau groupe de travail qui améliorera la situation. Le Conseil des aînés a l'expertise pour intéresser les travailleurs vieillissants à s'impliquer davantage pour donner leur pleine participation au développement du Québec. Il faudra cependant modifier radicalement les orientations du pseudo-ministère actuel des aînés et sa titulaire farfelue si l'on veut connaître des résultats.

  • Donald Bordeleau - Abonné 1 avril 2010 00 h 00

    Démagogie Charest

    Il n'est pas nécessaire de créer une autre commission sur l'âgisme. Ce n'est pas un problème, déja 300,000 souhaitent demeurer au travail ou travailler après 60 ans. Il faudra changer la mentalité des employeurs et du personnel du ministère du Travail Monsieur Charest.

    Le feu est pris dans la cabane. Maintenant la police demande une enquête sur la police à cause de l'intimidation à la Rembo dans la police à Dupuis.

    Que vaut maintenant l'opération Marteau pour enfoncer les clous à finir aux yeux des Québécois.

    Le ridicule ne tue pas heureusement et Monsieur Duchesneau aura un salaire supérieur à Monsieur Charest pour supposément travailler au contrôle de la collusion. SVP Contacter les inspecteurs du bureau de la concurrence qui font déja ce travail et le vérificateur Général du Québec qui a mis en lumière beaucoup d'irrégularité en vérifiant au hasard des contrats des fournisseurs du gouvernement. Il y a beaucoup d'abus du côté des grandes municipalités ou les firmes de Génies conseils usent de leur pouvoir pour attribuer les contrats à des contracteurs ou ils surveilleront les travaux.

    Monsieur Charest vous n'êtes plus crédible. Afin d'éliminer tous les soupcons faite plutôt une Commission d'enquêtes sur la construction au Québec pour des économies de plus d'un milliard.