Éducation - Les universitaires paieront plus cher en 2012

Québec — À partir de l'automne 2012, il en coûtera plus cher pour étudier à l'université, a tranché le gouvernement Charest dans son budget, hier. On ignore toutefois pour l'instant de quelle taille sera cette hausse puisque le gouvernement veut d'abord effectuer une consultation.

L'automne prochain, il convoquera donc une «rencontre des partenaires de l'éducation». Celle-ci portera non seulement sur le financement des universités, mais abordera «l'ensemble des problématiques reliées à l'éducation», a confié la ministre Michelle Courchesne, hier, au huis clos du budget. «Ce ne sera pas un rendez-vous anodin», a-t-elle insisté, en soutenant qu'en commission parlementaire sur la gouvernance, récemment, «ce forum a été demandé unanimement». On se penchera notamment sur la «performance du réseau d'enseignement, de recherche et de gestion».

Des questions comme la multiplication des campus (l'Université de Sherbrooke à Longueuil, par exemple) seront sur la table, a annoncé la ministre. Ces sujets et d'autres ramèneront sur le tapis les critères du financement des universités, a-t-elle dit. «Vous savez qu'on finance per capita. Dans ce contexte, les universités, ce qu'elles veulent, c'est du "per capita". Moi, je questionne ça», a-t-elle déclaré.

On discutera aussi, lors de cette rencontre, de «démocratie scolaire», annonce-t-on dans le budget. Le projet de tenir simultanément élection scolaire et élection municipale sera proposé formellement. La Fédération des commissions scolaires s'y est déclarée favorable récemment. Le gouvernement veut aussi mettre à l'ordre du jour «l'adéquation entre l'enseignement et les besoins à venir du marché du travail».

Quant à la hausse des frais de scolarité, elle est nécessaire pour mieux financer les universités québécoises, a soutenu le ministre Raymond Bachand dans son discours. Déjà, a-t-il souligné, «de toutes les provinces canadiennes, le Québec est le gouvernement qui finance le plus ses universités». Le pourcentage de financement public est de 67,9 % au Québec, alors qu'il est de 52,8 % en Ontario. La part des étudiants, actuellement, se situe à 12,5 %, une des plus faibles au pays.

Lors des dernières élections, le Parti libéral s'était engagé à ne pas hausser les droits de scolarité au-delà de l'«ajustement» de 50 $ par session déjà mis en place. «On n'a qu'une parole», a affirmé la ministre Michelle Courchesne hier pour expliquer l'échéance de l'automne 2012.

Grand-messe

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) s'est dite prête à participer au «sommet» sur l'éducation annoncé par Québec. Son président, Jean Grégoire, a toutefois déploré qu'une «partie de la conclusion de cette rencontre soit écrite d'avance». La FEUQ s'inquiète des intentions du gouvernement malgré une affirmation du ministre Bachand selon laquelle «le gouvernement s'assurera que le Programme des prêts et bourses permette de maintenir l'accessibilité financière aux études».

La Fédération des commissions scolaires a pour sa part qualifié d'«aberrant» la tenue d'un autre forum dans lequel le rôle et la responsabilité des commissions scolaires seront abordés. La présidente, Josée Bouchard, a dit trouver «démobilisant de devoir encore mettre de l'énergie à débattre des structures lors d'une grand-messe alors qu'on devrait se concentrer sur la réussite».

Le budget total du ministère de l'Éducation sera de 14,805 milliards en 2010-11, en hausse de 315 millions par rapport à l'exercice précédent. Cela représente une augmentation de 2,2 %, ce qui couvre les coûts du système et qui comprend l'hypothèse d'une augmentation de salaire de 0,5 % des employés du réseau (ce qui correspond aux offres du gouvernement).