Projet de mine dans le nord du Québec - Des diamants «verts»?

Aux yeux de la coalition Pour que le Québec ait une meilleure mine, la compagnie minière Stornoway semble avoir été de bonne foi jusqu’ici.
Photo: Stornoway Diamond Corporation Aux yeux de la coalition Pour que le Québec ait une meilleure mine, la compagnie minière Stornoway semble avoir été de bonne foi jusqu’ici.

Le projet de mine de diamants dans le nord du Québec comporte plusieurs aspects positifs, mais il faudra quand même surveiller la gestion de ses résidus miniers et garder l'œil sur l'impact global d'une nouvelle route, qui ouvre toute une partie du territoire à l'exploitation minière et autre.

Aux yeux de la coalition Pour que le Québec ait une meilleure mine, dont la mission est de «promouvoir de meilleures pratiques aux plans social et environnemental» dans le secteur minier, le promoteur semble avoir été de bonne foi jusqu'ici. D'autant plus que les mines de diamants, note-t-elle, n'ont pas la réputation d'être les plus polluantes.

«Une mine de diamants, ce n'est pas comme une mine de métaux précieux ou usuels. Jusqu'à présent, il n'y a pas d'indication quant à la possibilité de présence de sulfures ou de métaux lourds dans les résidus miniers qui seront laissés derrière, dit Ugo Lapointe, porte-parole de la coalition. C'est souvent un des risques importants. Mais là, ce risque-là ne se présente pas, ou est très faible.»

Le projet est celui de Stornoway. Situé à 300 kilomètres au nord de Chibougamau, dans le secteur des monts Otish, il est cofinancé par la SOQUEM, une filiale de la Société générale de financement (SGF). Compte tenu de la qualité des diamants, Stornoway avance rapidement dans ses études et entend prendre une décision sur sa construction l'an prochain au plus tard.

Le Québec ne compte aucune mine de diamants. En Ontario, il n'y en a qu'une, soit la mine Victor, propriété du géant mondial De Beers près de la baie James. Sa production commerciale a débuté en 2008. Le Canada est toutefois le troisième producteur mondial en raison des énormes mines Diavik et Ekati, dans les Territoires-du-Nord-Ouest.

Gestion des résidus

Une mine de diamants utilise essentiellement le broyage, le concassage et l'eau pour extraire les pierres précieuses. Il y aura donc peu ou pas de produits chimiques utilisés, comme du cyanure, dit M. Lapointe. «Il y a selon nous un fort contraste avec le projet de mine d'uranium de Strateco [non loin de là]. Les défis sont d'une tout autre ampleur. C'est pour ça qu'on est assez favorable au projet de Stornoway.»

Les résidus miniers doivent être bien gérés, car la matière en suspension peut nuire à l'environnement immédiat, dit M. Lapointe, selon lequel un des défis de l'entreprise sera de minimiser son empreinte écologique.

Pour adopter une gestion intégrée des résidus et réduire cette empreinte, suggère-t-il, la compagnie pourrait remblayer une partie des résidus sous terre. Une autre possibilité pour ce genre de mines est la «densification» des résidus, qui consiste à extraire l'eau des résidus.

Stornoway fonde une partie de ses espoirs sur la construction d'une route. Celle-ci partirait de Chibougamau et monterait jusqu'au site. Québec a injecté 130 millions dans les études de faisabilité et d'impacts environnementaux et sociaux.

Selon la coalition Pour que le Québec ait une meilleure mine, le prolongement de la route 167 revêt une grande importance, car il aurait pour effet d'ouvrir une grande partie du territoire québécois à d'autres projets d'exploitation minière et «aux développements, au pluriel».

Présentement, Québec demande à toutes les minières une redevance de 12 %. Grâce à des crédits et des allocations, ce taux peut facilement descendre à 4,2 %. Mais le gouvernement réfléchit actuellement à une réforme du système de redevances et a déjà indiqué que ces redevances allaient augmenter.