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Assemblée annuelle de Gaz Métro - Oui au gaz québécois... si gaz il y a

Selon la présidente et chef de la direction de Gaz Métro, Sophie Brochu, les 18 prochains mois permettront de quantifier l’ampleur et la durée de vie des gisements de gaz de schistes.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Selon la présidente et chef de la direction de Gaz Métro, Sophie Brochu, les 18 prochains mois permettront de quantifier l’ampleur et la durée de vie des gisements de gaz de schistes.

Gaz Métro voit d'un bon œil la possibilité de s'approvisionner en gaz naturel en sol québécois, même si la présidente et chef de la direction de la société en commandite, Sophie Brochu, refuse de présumer du succès des forages expérimentaux menés dans certains secteurs des basses terres du Saint-Laurent. L'entreprise, qui bénéficie présentement d'un contexte d'affaires favorable, se concentre toutefois pour le moment sur la diversification de ses activités.

«Plus on découvrirait de gaz au Québec, mieux le monde se porterait», a fait valoir hier Mme Brochu au cours d'une rencontre tenue en marge de l'assemblée annuelle de Gaz Métro. «On espère que les producteurs vont avoir du succès», a-t-elle ajouté, «mais on ne peut pas présumer des succès [des forages expérimentaux en cours]».

Les sociétés d'énergie de Calgary Talisman et Questerre procèdent actuellement à des forages et ceux-ci devraient se multiplier au cours des prochains mois. Le but: vérifier la possibilité d'exploiter commercialement ces gisements de gaz de schistes. «On a un bon 18 mois devant nous avant de voir avec un peu plus de clarté quelle vont être l'ampleur et la durée de vie de ces réserves-là», a expliqué Mme Brochu.

Chose certaine, si ces forages s'avéraient concluants, l'entreprise pourrait en profiter pour se doter d'un approvisionnement en sol québécois. «Gaz Métro est bien positionnée pour acheminer jusqu'à nos marchés et à nos clients le gaz éventuellement découvert sur notre territoire», a assuré sa présidente.

L'hypothèse de voir le Québec devenir une source d'approvisionnement importante est tout à fait plausible. Même que selon l'Association pétrolière et gazière du Québec, le sous-sol de la province pourrait contenir suffisamment de gaz naturel pour subvenir aux besoins de ce marché pour plus d'un siècle.

Pour l'instant, l'essentiel du gaz acheminé jusqu'aux clients de Gaz Métro provient de l'Ouest canadien ou du sud de l'Ontario. Récemment, Mme Brochu avait également indiqué que l'entreprise suivait de près le développement de l'exploitation du gaz de schistes dans le Nord-est américain. Depuis un an et demi, le développement de ces gisements a fait bondir l'offre et a exercé une pression à la baisse sur les prix.

Pour ce qui est du projet de port méthanier Rabaska, Sophie Brochu a brièvement rappelé durant son allocution qu'on en était à compléter l'achat des terrains nécessaires à l'implantation des installations. Mais pour la suite, rien n'est fixé. Elle a d'ailleurs rappelé que le projet a été conçu lorsque le prix du gaz était «très élevé». Or, les choses ont beaucoup changé depuis. «On sait que les prix de l'énergie vont s'accroître un jour», a-t-elle toutefois précisé. Quoi qu'il en soit, les prix du gaz naturel devraient selon elle demeurer «relativement bas et stables à court et moyen termes», soit «au moins pendant cinq ans».

Dans la vague de l'énergie propre

Par ailleurs, Gaz Métro compte diversifier ses activités dans de «nouveaux marchés» en misant pleinement sur le créneau très en vogue de l'«environnement». L'entreprise travaille avec le Groupe Robert dans le but de développer un parc de camions de transport lourd qui fonctionnerait au gaz naturel liquéfié. Les véhicules qui utilisent ce carburant permettent une réduction des émissions de gaz à effet de serre de l'ordre de 25 % par rapport au diesel. Rien n'a cependant encore été précisé.

On souhaite aussi tirer profit des projets de Québec en ce qui a trait à la biométhanisation de nos ordures. Il faudra pour cela définir les modalités techniques et économiques d'injection de ce nouveau type de gaz dans le réseau.

Gaz Métro et son partenaire Boralex ont en outre obtenu, l'été dernier, un décret délivré par le gouvernement du Québec qui a autorisé la construction de deux parcs éoliens sur les terres de la seigneurie de Beaupré, totalisant une puissance installée de 272 mégawatts. La mise en service est prévue en décembre 2013.

L'entreprise a aussi annoncé hier que son bénéfice net ajusté a atteint 159,6 millions en 2009, c'est-à-dire 6,3 millions de plus que l'exercice précédent. Il faut dire que depuis un an, le prix du gaz naturel offert par Gaz Métro à sa clientèle — 180 000 clients au Québec et 136 000 clients au Vermont — est inférieur à celui des six dernières années. Le gaz naturel est actuellement concurrentiel sur tous les marchés, et ce, par rapport à toutes les autres formes d'énergie.