Pierre-Karl Péladeau s’en prend aux syndicats

Les propos du président de Quebecor n'ont pas suscité d'enthousiasme
Photo: Agence Reuters Les propos du président de Quebecor n'ont pas suscité d'enthousiasme

Des propos du président de Quebecor Pierre Karl Péladeau, dénonçant la trop grande place des syndicats au Québec, ont été accueillis avec tiédeur aujourd’hui à l’ouverture des travaux d’un grand forum sur l’avenir économique de la province. Absent du sommet, M. Péladeau a tout de même réussi à susciter un débat en affirmant dans une lettre ouverte que les syndicats québécois nuisent au développement économique.

Dans son texte, publié ce matin dans Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec à l’occasion de la rencontre de Lévis présidée par le premier ministre Jean Charest, M. Péladeau a écrit que les syndicats profitent de lois qui désavantagent les entreprises et compromettent la productivité.

Selon M. Péladeau, les dirigeants québécois consacrent trop «de temps, d’énergie et d’argent» à gérer leurs relations de travail, dans un contexte où leurs entreprises doivent se mesurer à la concurrence internationale.

«Les défis mondiaux auxquels nous faisons face nous obligent à ne plus avoir de craintes à soulever les questions incontournables auxquelles il faudra répondre adéquatement pour assurer l’avenir du Québec», écrit-il.

Mais parmi les participants au forum, qui s’apprêtaient à amorcer ses travaux, les propos de M. Péladeau ont suscité peu d’adhésion.

Le premier ministre Jean Charest a déclaré que la situation des relations de travail était bonne au Québec.

«Les relations sont bonnes, il faut en prendre acte, a-t-il dit. (...) Il y a des consensus sur plusieurs lois et s’il y a des gens qui choisissent de soulever cette question-là aujourd’hui, ils sont libres de le faire.»

Le ministre des Finances, Raymond Bachand, a jugé que le syndicalisme responsable était un bénéfice, notamment dans un contexte de mondialisation.

Selon M. Bachand, les grandes entreprises peuvent développer des partenariats avantageux en travaillant avec les syndicats.

«Aujourd’hui, les syndicats sont les premiers à dire que la productivité, la façon d’organiser le travail, c’est la façon avec laquelle ils vont garder le travail et gagner contre les pays asiatiques, a-t-il dit. C’est une grande force.»

Le président de BMO Groupe financier au Québec, Jacques Ménard, a pour sa part situé la prise de position de M. Péladeau dans le contexte du lock-out qui dure depuis un an au Journal de Montréal.

M. Ménard, qui dresse un bilan positif de la contribution syndicale au Québec, a affirmé que la stratégie de M. Péladeau lui échappait.

«Il faut réaliser qu’il est aux prises avec un problème d’affaires spécifique qui est le sien et il est possible qu’à cause de cela, il extrapole, a-t-il dit. Je ne sais pas si dans son cas, ses dires ont excédé (sic) sa pensée. Ca fait peut-être, dans son cas, partie d’une stratégie qui m’échappe. Je ne suis pas un expert, je ne suis pas psychologue, alors je ne peux pas vous en dire plus.»

Le président de la Fédération des travailleurs du Québec, Michel Arsenault, a qualifié l’attitude de M. Péladeau «d’anti-syndicale». «M. Péladeau est préoccupé par le ’cash’ et non par les relations humaines, a-t-il dit. Diriger une entreprise, c’est des relations humaines à tous les jours. Lui, il semble que ça le fatigue.»

 
7 commentaires
  • Claude Archambault - Inscrit 21 janvier 2010 16 h 15

    À M. Péladeau

    BRAVO BIEN DIT.

  • Lavallée,Simon - Inscrit 21 janvier 2010 16 h 49

    À Michel Arsenault

    BRAVO BIEN DIT

  • Léonard Sauvageau - Inscrit 21 janvier 2010 17 h 14

    M.P.C.Péladeau

    Vraiment le monsieur a des problèmes de voisinage

  • Philippe Labossiere - Inscrit 21 janvier 2010 18 h 15

    Arsenault devrait se reagrder dans un miroir!

    Nous savons tous que M. Arsenault et la FTQ peuvent donner des leçons d'éthique..

    Le Fonds de Solidarité et les monopoles syndicaux dans la construction

    Je préfère de loin M. Péladeau à la clique de la FTQ (Arsenault et son Fonds, Accurso et cie)

  • richarlabl - Abonné 21 janvier 2010 20 h 19

    Quand l'intelligence saute une génération!

    Ben oui, les syndicats sont des gros méchants! Ce sont les méchants syndicats qui nous ont plongé dans une crise financière sans précédent, pas les grands chef d'entreprise à la Péladeau plus cupides les uns que les autres! Les criminels à cravate, c'est sûr qu'ils ne sont que dans les syndicats et surtout pas dans les grandes entreprises à la Quebecor ou autres où on se paie des salaires et bonis indécents, même et surtout en période de crise économique. Ce sont les bien pensant et les "lucides" qui nous disent de se serrer la ceinture parce que l'Économie va mal et qui en même temps continuent de se remplir les poches! Applaudissons les Péladeau de ce monde et travaillons tous au salaire minimun, ça va nous donner un économie des plus vigoureuse!