Marchés boursiers - Des eaux plus calmes en 2010

La Bourse de Toronto a terminé l’année 2009 sur un gain de 41 %. Du côté américain, où Wall Street vient de signer sa première décennie négative de l’histoire (-23 %), le S&P500, baromètre parmi les baromètres, a progressé de 28 %.
Photo: Agence Reuters Brendan McDermid La Bourse de Toronto a terminé l’année 2009 sur un gain de 41 %. Du côté américain, où Wall Street vient de signer sa première décennie négative de l’histoire (-23 %), le S&P500, baromètre parmi les baromètres, a progressé de 28 %.

Une année positive sertie d'un rendement modeste. Après les montagnes russes de 2009, dont le creux observé en mars à la Bourse de Toronto a été suivi d'une ascension de 55 % jusqu'en décembre, voilà ce qu'entrevoient les gestionnaires de portefeuille pour 2010.

«Il a été étonnant de voir les actions reprendre tout ce terrain depuis le fond du baril qu'a été le mois de mars», dit John Kinsey, gestionnaire chez Caldwell Securities, à Toronto. «Ça ne sera pas aussi bon. Il y a encore beaucoup de problèmes dans l'économie.»

Tout compte fait, la Bourse de Toronto a terminé l'année 2009 sur un gain de 41 %. Du côté américain, où Wall Street vient de signer sa première décennie négative de l'histoire (-23 %), le S&P500, baromètre parmi les baromètres, a progressé de 28 %.

Pas de doute, les attentes ne sont pas très élevées. Et, s'il faut en croire certains, l'explosion boursière qui a permis aux épargnants et aux investisseurs d'effacer une partie de leurs pertes depuis le printemps prendra fin de façon brutale, comme c'est souvent le cas.

«En général, je crois que le marché va grimper de 5 % à 7 % en 2010», dit Alain Chung, vice-président chez Claret, une firme de gestion de portefeuille. «Mais je pense qu'en milieu d'année il y aura probablement une correction majeure. Le marché ne peut pas poursuivre sa trajectoire comme ça.»

Pour quiconque attend impatiemment le jour où il pourra faire un trait sur les pertes subies dans son REER, il reste du chemin à faire. Malgré la hausse des derniers mois, l'indice S&P/TSX accuse toujours un retard de 11 % par rapport au niveau qu'il affichait dans les jours ayant précédé la crise de septembre 2008.

«De manière générale, je n'attends pas grand-chose de l'année 2010», dit le gestionnaire réputé Stephen Jarislowsky. Beaucoup de gens «s'excitent» de voir des titres grimper «d'un kilomètre après en avoir perdu deux», fait-il remarquer.

De plus, M. Jarislowsky garde un souvenir particulier des dix dernières années. «La rémunération des cadres et des conseils d'administration a probablement doublé au cours de la décennie et les résultats en Bourse, aux États-Unis, sont les pires qu'on a vus depuis 200 ans», dit-il avec son franc-parler habituel.

Plusieurs défis, ailleurs comme ici, continuent de peser. Par exemple, après un recul d'environ 2,6 % en 2009 — selon les prévisions du Mouvement Desjardins — l'économie canadienne commence à peine à se réveiller. En 2010, elle devrait afficher une croissance de 2,1 %, mais elle continue de combattre les effets néfastes d'un dollar canadien qui fait mal aux exportateurs.

Parallèlement, la création d'emplois, qui évolue en dents de scie de mois en mois, n'est pas encore au rendez-vous. Le taux de chômage se situe encore autour de 8,5 % et il pourrait même grimper légèrement cette année, avant d'entamer une descente vers 7,7 % en 2011. Le Québec n'a pas été épargné: de novembre 2008 à septembre 2009, 70 000 emplois ont disparu.

Les marchés auront aussi les yeux rivés sur les banques centrales, tant au Canada qu'aux États-Unis, pour tout mouvement des taux directeurs. De plus, on surveillera l'éventuel retrait des stimulants économiques mis en place par les gouvernements.

«Même si l'économie mondiale fait encore face à plusieurs défis, le climat demeure favorable aux marchés boursiers, qui devraient faire des gains en 2010», a récemment écrit l'équipe de recherche de la Banque de Montréal dans une note aux clients. «Toutefois, le rythme de croissance sera plus contrôlé.»

Dans bien des cas, les gestionnaires de caisses de retraite tendent à viser un rendement à long terme de 7 %, ce qui permet de maintenir un niveau de capitalisation suffisant pour verser les prestations. Les années boursières 2003 à 2007 ont été fastes, mais 2008 est venue compliquer les choses. Rapidement, le REER de monsieur Tout-le-monde s'est mis à fondre de 10, 15, voire 25 %.

Au Mouvement Desjardins, on attend de la part du TSX un rendement supérieur à 10 % cette année. «Les marchés boursiers devraient poursuivre leur tendance haussière au cours des prochaines années», a écrit son équipe d'études économiques dans la plus récente livraison des prévisions financières. Selon elle, toutefois, «certaines périodes de repli sont à prévoir».

En 2011, le TSX devrait rappliquer avec une hausse de 9 %, croit-elle en mentionnant le cours élevé du pétrole. Quant au S&P500, le Mouvement Desjardins croit qu'il grimpera de près de 14 % en 2010 et de 8 % en 2011.

Par ailleurs, sur les 12 mois qui viennent de s'achever, le Dow Jones a gagné 18,8 %, et le Nasdaq Composite, 43,9 %.