Canadian Royalties: la dragée toxique est approuvée

Quelque 60 % des actionnaires de la minière Canadian Royalties qui se sont exprimés hier lors de l'assemblée extraordinaire de l'entreprise ont voté pour le régime de droit proposé par la direction pour tenter d'empêcher la prise de contrôle par Jien Canada, filiale d'un géant chinois du secteur.

La direction suggérait à ses actionnaires d'adopter un régime de droit connu sous l'appellation « dragée toxique », qui permet à ces derniers d'acheter des actions ordinaires supplémentaires à un escompte considérable par rapport au cours sur le marché. On se trouve ainsi avec une entreprise beaucoup plus difficile à racheter.

« Nous nous réjouissons que nos actionnaires aient ratifié le régime de droit, a déclaré hier en fin de journée Glenn Mullan, chef de la direction et président du conseil d'administration, par voie de communiqué. Ils savent que le régime de droit constitue un élément essentiel de la stratégie que nous mettons en oeuvre afin de forcer les initiateurs hostiles à faire des "offres permises" et de nous assurer que le conseil d'administration puisse explorer toutes les opérations de rechange qui pourraient se présenter. »

Si l'offre de Jien Canada est « permise », Canadian Royalties devra alors tenter de trouver un autre acheteur qui pourrait, par exemple, bonifier l'offre. Ce serait alors aux actionnaires de décider de quel côté ils penchent. L'entreprise sous contrôle chinois a fait une offre de 148,5 millions de dollars, ce qui équivaut à 60 ¢ par action.

Les discussions seraient d'ailleurs entamées pour empêcher que l'entreprise passe sous contrôle chinois.

Canadian Royalties connaît des difficultés financières importantes, notamment parce qu'elle doit verser des intérêts de 10 millions par année pour les 135 millions de dollars de débentures émis en 2008 pour financer la construction d'une mine de nickel dans le nord du Québec.