À la recherche d'un patron ... économiste, financier, concret, sensible, communicateur et plus encore!

La Caisse de dépôt et placement a besoin d'un président. Un recrutement qui s'annonce difficile, et un défi énorme. Balade dans les coulisses de la rumeur.

C'est devenu une sorte de sport local, un passe-temps: qui sera le prochain président de la Caisse de dépôt? Ou présidente? Si les noms qui reviennent sont souvent les mêmes qu'après le départ d'Henri-Paul Rousseau, à l'été 2008, la crise que traverse la Caisse fait en sorte que le profil du candidat idéal pourrait avoir changé, disent des observateurs. Compte tenu du contexte économique et boursier, il faudra quelqu'un d'extrêmement solide. Pour paraphraser l'un d'eux, ce n'est pas dans une tempête qu'on apprend à faire de la voile.

Certains noms qui ont circulé l'été dernier continuent de faire les rondes. Comme Jean Houde, sous-ministre au ministère des Finances, qui a aussi été président d'Investissement-Québec et vice-président de la Banque Nationale. Comme Jacques Daoust, président actuel d'Investissement-Québec. Comme Christiane Bergevin, le cerveau des montages financiers chez SNC-Lavalin. Comme l'ex-ministre péquiste Daniel Paillé, aujourd'hui professeur à HEC Montréal et qui a déjà été vice-président de la Caisse, dont l'association au PQ est toutefois perçue comme un handicap.

Depuis peu, toutefois, il y a de nouveaux noms. On mentionne Yvon Charest, président de l'Industrielle-Alliance depuis 2000, dont l'étoile brille fort ces jours-ci après avoir été nommé la personnalité de l'année 2008 par un jury du magazine Finance et Investissement. Il ne faut pas se cacher, toutefois, que M. Charest subirait une sérieuse baisse de salaire.

Un autre nom qui circule est celui de Pierre Shedleur, président de la Société générale de financement. M. Shedleur est réputé pour avoir mis de l'ordre dans les finances de la CSST. On pense aussi à Michel Tremblay, vice-président des placements à l'Industrielle Alliance, qui a perdu la présidence de la Banque Nationale aux mains de Louis Vachon en 2007.

C'est le conseil d'administration qui prend la décision, mais celle-ci doit être avalisée par Québec. À peu près toutes les personnes consultées croient que le recrutement pourrait être très difficile et que le défi qui attend le prochain président est énorme. Étant donné le contexte, la crise boursière et les pertes de 39 milliards, la liste est peut-être plus courte que l'an dernier, dit-on.

Un rassembleur

Quel genre de candidat faut-il? «Ça prend des compétences en économie et en affaires, mais pas forcément en finance, dit l'ancien premier ministre Bernard Landry. La financiarisation de l'économie nous a fait courir des risques très considérables.» M. Landry imagine quelqu'un de sensible aux aspects plus concrets de l'économie, et quelqu'un de «profondément attaché au Québec, et à son développement économique et social».

Aux yeux de Jacques Ménard, qui dirige la Banque de Montréal au Québec, la personne devra posséder des connaissances financières et en gestion de risque, mais devra aussi connaître les politiques publiques et être douée pour la communication. «Ça va prendre des qualités de rassembleur», dit-il. Soit dit en passant, M. Ménard, dont le nom circulait l'an dernier, est heureux là où il est.

En effet, le candidat — surtout s'il est recruté à l'externe — devra forger une relation de confiance avec le conseil d'administration — dont plus de la moitié des membres seront nouveaux —, avec le personnel de la Caisse, avec les 25 déposants de la Caisse et avec le public.

Le recrutement en pleine période de crise ne sera pas facile, pense Claude Lamoureux, qui a dirigé Teachers, le régime de retraite des enseignants de l'Ontario. «Face au cirque médiatique, certains candidats pourraient se retirer de la course par crainte de se faire taper dessus chaque fois qu'ils font une erreur.» Seriez-vous intéressé? «Je suis à la retraite. Je suis assez occupé!»
14 commentaires
  • Hubert Laforge - Abonné 28 février 2009 05 h 59

    Recherche d'un patron à la CDP: vous n'êtes peut-être pas sur la bonne piste ...

    Ce n'est pas que chez les "techniciens" (économistes, financiers, banquiers, comptables, politiciens, administrateurs, etc. )qu'il faut chercher. Ceux-ci sont essentiels pour instruire, recommander, exécuter. Le rôle du président est d'étudier, d'écouter, d'observer. d'arrêter ensuite les orientations majeures.

    Le premier critère de sélection d'un président doit être, à un haut degré, sa sagesse, son indépendance, son courage, sa prudence, son expérience, sa connaissance de l'histoire, sa culture, son insensibilité aux avantages personnels et aux mirages...

    Hubert Laforge
    ex-"patron" de M. Henri-Paul (dont je n'eus qu'à me réjouir de la collaboration)

  • Marie Mance Vallée - Inscrite 28 février 2009 08 h 02

    Je vote pour Monsieur

    En effet, pourquoi pas Monsieur.

    Il pourrait conseiller, donner les orientations, ect... Il n'aurait qu'à assister aux réunions importantes. Il a du jugement et du discernement. Il n'a jamais trahi le Québec, à ma connaissance. Il est détaché des biens de la terre, de la cupidité et de l'avidité.

    Marie Mance Vallée

  • Yvon Roy - Inscrite 28 février 2009 09 h 45

    La Cigale

    Je vous paierai, lui dit-elle,
    Avant l'août, foi d'animal,
    Intérêt et principal.
    La fourmi n'est pas prêteuse;
    C'est là son moindre défaut....
    Sire de La Fontaine Mtl.

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 28 février 2009 10 h 15

    Un vrai chef d'État

    Monsieur Parizeau a été et est un grand visionnaire. Les Québécois lui doivent beaucoup. Mais des esprits mesquins lui reprochent sa richesse, sa tenue aristocratique, son langage franc, comme s'il était trop au dessus de la masse. Merci Monsieur Parizeau!

  • camelot - Inscrit 28 février 2009 11 h 00

    Une idée originale

    Je termine la lecture de L'oeuvre de chère en Nouvelle-France de François Rousseau. On y apprend comment les hospitalières réussissent à fournir des soins plus que convenables à leurs nombreux malades. Leurs ressources monétaires étant faméliques, elles font preuve d'une créativité et débrouillardise hors du commun. Et tout cela pour L'AUTRE ! Leur désintéressement est total. Y aurait-il quelqu'hospitalière de disponible pour s'occuper des fonds des Québécois à la Caisse de dépôt ?

    Jean-Marie Francoeur