Alcoa supprime 13 500 emplois

Pittsburgh — Le géant mondial de l'aluminium Alcoa a annoncé la suppression de 13 500 emplois permanents, soit 13 % de sa main-d'oeuvre, et de 1700 postes contractuels. Le Québec serait épargné par ces compressions à l'échelle mondiale.

L'annonce est survenue hier après la clôture des marchés boursiers. La direction d'Alcoa a dit agir de la sorte afin de réduire les coûts, conserver les liquidités et améliorer la compétitivité de l'entreprise dans un contexte de ralentissement économique. Le chef de la direction, Klaus Kleinfeld, a qualifié la période actuelle d'«exceptionnelle».

«Le groupe a également institué un gel mondial des salaires et des embauches», a-t-il indiqué dans un communiqué. Les mesures annoncées se traduiront par l'inscription de charges exceptionnelles variant entre 900 et 950 millions $US après impôts au quatrième trimestre. «Le programme de restructuration et de désinvestissement doit selon nos prévisions permettre l'économie de 450 millions avant impôts en rythme annuel», d'après le producteur d'aluminium. La multinationale doit rendre publics ses résultats trimestriels le 12 janvier.

La direction d'Alcoa dit vouloir réduire sa production d'aluminium primaire de 135 000 tonnes métriques, ce qui portera à 750 000 tonnes ou 18 % de sa production annuelle totale les réductions annoncées jusqu'ici.

Les suppressions d'emplois devraient être complétées d'ici la fin de 2009 et se traduiront, dans certains cas, par des fermetures d'usines. La société américaine n'a pas fourni plus de détails sur les usines qui seront touchées.

Au Québec, Alcoa possède des alumineries à Baie-Comeau, Bécancour et Deschambault, en plus de plusieurs usines de produits spécialisés. Un porte-parole de l'entreprise au siège social de Pittsburgh, Kevin Lowery, a indiqué que les réductions de production en ce qui concerne le Canada avaient déjà été annoncées en novembre dernier. On parlait alors d'un vaste plan de restructuration prévoyant une réduction de 350 000 tonnes par an de la production d'aluminium du groupe.

Selon le porte-parole, les mesures rendues publiques hier «ne ciblent pas le Canada ou le Québec». Alcoa compte environ 4200 employés au Canada, dont 3600 au Québec.

En mars dernier, l'entreprise s'est engagée, dans le cadre d'une entente avec le gouvernement du Québec, à moderniser son aluminerie de Baie-Comeau, ce qui représente un investissement de 1,2 milliard. La capacité de production de cette aluminerie doit être portée à 548 000 tonnes métriques par année, soit une augmentation de 110 000 tonnes métriques. Le gouvernement du Québec et Alcoa souhaitent également en venir à une entente permettant de doubler la capacité de l'aluminerie d'Alcoa, à Deschambault.

Le tout repose sur le renouvellement déjà conclu, pour une période de 25 ans, des contrats d'approvisionnement en électricité pour les trois alumineries d'Alcoa au Québec.

Alcoa, dont le siège est à Pittsburgh, est le numéro un mondial du secteur. Il est atteint par la chute des cours de l'aluminium et a vu son cours boursier s'effondrer l'an dernier de 69 %.

Le groupe, qui affirme avoir pris «des mesures vigoureuses, mais prudentes», veut «préserver sa trésorerie, réduire les coûts et renforcer sa compétitivité». Il va «arrêter tous les investissements productifs non essentiels», ce qui aboutira à une réduction de moitié de ses dépenses d'investissements cette année par rapport à la précédente.

Alcoa veut également diversifier ses fournisseurs de matières premières, avec pour but d'abaisser ce coût de 20 %, et signer des contrats à long terme pour la fourniture d'énergie, à l'instar de ce qu'il a fait au Québec en décembre.

***

Avec la Presse canadienne et l'Agence France-Presse