Étude de l'Association québécoise du transport aérien - L'industrie québécoise aérienne manque de main-d'oeuvre

Dans le domaine, les recrues sont le plus souvent embauchées par les grandes entreprises dès qu’elles ont un peu d’expérience. Plusieurs compagnies font ainsi face à un roulement important de leur personnel.
Photo: Agence Reuters Dans le domaine, les recrues sont le plus souvent embauchées par les grandes entreprises dès qu’elles ont un peu d’expérience. Plusieurs compagnies font ainsi face à un roulement important de leur personnel.

L'industrie québécoise du transport aérien se porte bien, malgré les turbulences qu'encaisse le secteur depuis quelques années. Le hic, c'est que les entreprises sont de plus en plus aux prises avec un problème de main-d'oeuvre, selon ce qui ressort d'une nouvelle étude dévoilée hier par l'Association québécoise du transport aérien (AQTA).

Les difficultés de recrutement des employés se font surtout sentir pour les pilotes et les mécaniciens, mais aussi pour les opérateurs de machinerie lourde pour l'entretien des pistes. La situation est d'autant plus préoccupante que près du tiers des travailleurs québécois du secteur du transport aérien, soit 33,2 %, sont âgés de 45 ans et plus.

Difficile, cependant, de chiffrer précisément les besoins. Ce que l'on sait, c'est qu'il se forme environ 130 techniciens-mécaniciens chaque année dans la province et que leur taux de placement est de 100 %. Pour les pilotes, on parle de près de 200 personnes qui sortent annuellement des écoles, dont à peine une quarantaine du secteur public. La majorité des nouveaux pilotes passent des écoles privées où la formation coûte jusqu'à 70 000 $.

Et tant les techniciens que les pilotes fraîchement formés doivent effectuer, dans le premier cas, «du temps de hangar», et dans l'autre, 1200 à 1400 heures de temps de vol, avant certification. Qui plus est, les conditions de travail sont difficiles et les horaires sont atypiques en début de carrière. Les recrues sont donc le plus souvent embauchées par les grandes entreprises dès qu'elles ont un peu d'expérience. Plusieurs compagnies font ainsi face à un roulement important de leur personnel, ce qui fait grimper les frais de formation.

Enfin, selon le président-directeur général de l'AQTA, John McKenna, les mauvaises nouvelles qui se succèdent dans le secteur aérien, et qui font souvent la manchette, découragent les jeunes d'entreprendre une formation dans le domaine, craignant qu'il n'y ait pas de débouché.

L'étude publiée hier invite donc les acteurs de ce secteur à recenser des solutions ciblées en matière de stratégies de planification, d'acquisition, de développement et de rétention de la main-d'oeuvre.

«Il y a urgence d'agir», a d'ailleurs laissé tomber hier M. McKenna. «Le développement d'une relève est au menu des enjeux stratégiques et constitue l'une des priorités d'action de notre association», a-t-il ajouté. Sans quoi, «c'est l'activité de transport aérien en région qui est menacée».

Les prochains mois serviront justement à jeter les bases d'un plan d'action, a souligné M. McKenna, qui souhaiterait que les gouvernements s'intéressent davantage à la question. D'ici au printemps 2009, a-t-il précisé, l'AQTA fera valoir «les priorités dans les orientations à privilégier et les pistes d'action pour relever adéquatement le défi de la main-d'oeuvre dans le secteur du transport aérien à court et long terme».

L'AQTA représente tous les secteurs d'activité du transport aérien et regroupe la très grande majorité des transporteurs aériens (avions et hélicoptères) au Québec, ainsi que les entreprises de service du secteur aérien, y compris la maintenance, les aéroports, les écoles de formation en pilotage et en maintenance d'aéronefs, NAV CANADA, les pétrolières et les assureurs spécialisés.