L'Angola, nouvelle puissance pétrolière africaine et chouchou du marché

«Les niveaux de production ont commencé à décoller au début de ce siècle», notamment grâce au lancement de sites de production en eaux profondes, avec des forages allant jusqu’à 2000 mètres de profondeur, a rappelé le président de la socié
Photo: Agence France-Presse (photo) «Les niveaux de production ont commencé à décoller au début de ce siècle», notamment grâce au lancement de sites de production en eaux profondes, avec des forages allant jusqu’à 2000 mètres de profondeur, a rappelé le président de la socié

Madrid — L'Angola, qui a ravi au Nigeria son titre de premier producteur africain de pétrole, entend «participer à la stabilisation des prix du pétrole» en fournissant au marché, d'ici la fin de l'année, deux millions de barils par jour et en investissant massivement pour maintenir cette cadence.

«Nous allons investir 100 milliards de dollars dans les cinq premières années pour l'exploration et la production pétrolières et ouvrir 100 puits par an dans les dix prochaines années», a annoncé mercredi Manuel Vincente, président de l'entreprise nationale Sonangol, dans un discours lu par un cadre de la société, à l'occasion du XIXe Congrès mondial du pétrole, tenu à Madrid.

«D'après notre profil de production et nos réserves, nous pouvons maintenir ce rythme de production pendant quatre ou cinq ans», a précisé Sonangol, expliquant que ces investissements avaient pour objectif «d'assurer un plateau de production de cinq ans».

Pour compenser l'épuisement de champs pétroliers exploités depuis cinquante ans, l'Angola, qui recèle 12,5 milliards de réserves prouvées selon Sonangol, doit continuer à explorer et à ouvrir de nouveaux gisements.

«Ces prévisions sont assez prudentes», estime Simon Wardell, analyste du cabinet Global Insight. Pour lui, le pays pourrait produire à ce rythme pendant une période plus longue, car il a de bonnes chances de faire d'autres découvertes le long de ses côtes.

«Notre production est actuellement de 1,9 million de barils par jour et elle va atteindre 2 millions de barils d'ici la fin de l'année», a confirmé le ministre angolais du Pétrole, Desiderio Costa. «Nous sommes aujourd'hui le premier producteur de brut africain», s'est-il réjoui.

Au printemps, l'Angola a ravi au Nigeria son titre de premier producteur de brut africain, selon des chiffres donnés par l'Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP): l'Angola a pompé 1,87 million de barils par jour (mbj), contre 1,81 mbj produits au Nigeria au mois d'avril.

«Le Nigeria a un potentiel plus important, mais encore faudrait-il qu'il réussisse à régler le problème de la sécurité», estime Simon Wardell. À court terme, «les investisseurs préfèrent largement l'Angola, un producteur beaucoup plus stable».

«Les niveaux de production ont commencé à décoller au début de ce siècle», notamment grâce au lancement de sites de production en eaux profondes, avec des forages allant jusqu'à 2000 mètres de profondeur, a rappelé le président de Sonangol.

Signe de cette montée en puissance, le pays s'est vu attribuer cette année un quota de production par l'OPEP, dont il est devenu membre en janvier 2007.

Grâce à cette nouvelle manne, l'Angola ambitionne de se lancer dans la production de gaz naturel liquéfié (GNL) d'ici à 2012 et de construire deux raffineries, pour produire les carburants dont il a besoin afin d'alimenter sa croissance économique.

«Les sociétés pétrolières internationales peuvent investir sans aucune sorte de crainte», a assuré Desiderio Costa, qui a promis aux investisseurs «le respect de la stabilité des contrats».

Une promesse qui devrait faire mouche auprès des grands producteurs échaudés par les incertitudes juridiques dans plusieurs régions de production, comme le Venezuela ou la Russie.

«Nous comptons y investir 10 milliards de dollars d'ici à la fin de la décennie», a affirmé Alan Kleier, patron de la filiale de Chevron, qui produit actuellement 400 000 barils par jour et emploie 3200 personnes en Angola.

Deuxième grande société pétrolière en Angola par sa production, derrière Esso et devant Chevron, le groupe pétrolier français Total y produit 560 000 barils par jour, a précisé à l'AFP Olivier de Langavant, patron de la filiale angolaise.