Allocution de Daniel Lamarre - Le Cirque du Soleil amorce un nouveau cycle

Daniel Lamarre est président et chef de la direction du Cirque du Soleil.
Photo: Jacques Nadeau Daniel Lamarre est président et chef de la direction du Cirque du Soleil.

Le Cirque du Soleil, qui a atteint des revenus de 620 millions $US en 2006, prévoit doubler le nombre de ses spectacles d'ici cinq à 10 ans, en plus d'ajouter de nouveaux produits, par exemple des jeux vidéo. «Nous ne sommes pas arrivés, nous sommes au début d'un nouveau cycle», affirme Daniel Lamarre, président et chef de la direction du Cirque du Soleil, en précisant que le cap est totalement maintenu sur le développement international.

Conférencier au déjeuner du Conseil des relations internationales de Montréal, M. Lamarre a particulièrement insisté sur le rôle de «vitrine» que le Cirque joue déjà sur le plan mondial et dont diverses entreprises québécoises peuvent tirer profit, comme c'est le cas pour la Caisse centrale Desjardins, qui, grâce à ses liens avec cette entreprise exceptionnelle, a pu développer une expertise internationale qu'elle peut désormais mettre à profit pour d'autres clients. Le Cirque a conclu récemment un partenariat avec CGI, qui désormais l'accompagnera partout sur la planète. Là encore, CGI, qui souhaite ardemment un développement international, pourra acquérir, grâce au Cirque, une expertise et des contacts précieux à l'étranger.

Après une croissance spectaculaire depuis 20 ans, le Cirque du Soleil a voulu récemment mesurer sa notoriété en commandant un sondage auprès de CROP et d'une firme internationale. L'indicateur le plus important était la réponse à la question suivante: Recommanderiez-vous ce spectacle à votre meilleur ami? La question a été posée à 12 000 spectateurs dans une trentaine de pays. À la même question, des propriétaires d'ordinateurs Apple avaient répondu oui à 80 %; dans le cas des motos Harley-Davidson, la note avait été 82 %. Et dans le cas du Cirque, près de 90 % ont répondu oui, la note la plus forte jamais enregistrée dans un tel sondage effectué selon l'approche de Fred Reichheld, auteur d'un livre intitulé The Ultimate Question, traitant de cet indicateur de la capacité d'une entreprise de grandir.

Responsabilité

«La marque Cirque du Soleil a plus de profondeur qu'on le croyait. Ça nous donne confiance et ça définit beaucoup mieux nos paramètres et nous permet d'éviter qu'on dilue notre produit», a mentionné M. Lamarre. Devant de tels résultats de sondage, les dirigeants du Cirque ont deux réactions, d'abord un sentiment de fierté, mais aussi un sentiment de responsabilité accru. «Cette marque est bâtie uniquement sur la créativité, c'est-à-dire qu'elle a un fondement fragile basé exclusivement sur la capacité de pouvoir continuer à créer», a expliqué le conférencier, en ne cachant pas qu'il y a une crainte incroyable de ne pas réussir à chaque nouvelle création. Comment croître sans compromettre la qualité? C'est là un défi constant. Pour l'aider à réussir, le Cirque a un comité qui dirige des équipes et, pour favoriser l'originalité, un metteur en scène ne travaille que sur un seul spectacle. «Il y a au Québec des metteurs en scène de qualité. Nous avons l'embarras du choix», affirme M. Lamarre. Il y a par ailleurs pour aider les dirigeants du Cirque à s'assurer qu'ils vont dans la bonne direction une sorte de conseil des sages dont font partie Pierre Beaudoin, de Bombardier, André Desmarais, de Power Corporation, et Jacques Bougie, ex-président d'Alcan, qui ont tous une vaste connaissance des marchés mondiaux et qui ont aussi des contacts partout dans le monde, contacts importants pour la réussite du Cirque, insiste M. Lamarre.

Après avoir atteint une implantation considérable aux États-Unis, particulièrement à Las Vegas où il y a présentement cinq spectacles permanents et un autre chez Disney à Orlando, en Floride, le temps est venu de diversifier les marchés, notamment avec l'installation d'un nouveau spectacle en 2008 à Macao, où l'industrie des casinos est en plein développement et reçoit déjà 20 millions de touristes par année. Il y aura aussi des spectacles permanents à Tokyo et Dubaï. «En Asie, l'économie se développe de façon exponentielle, et nous nous sommes tournés vers ce marché juste à temps», ajoute le président. Diverses villes comme Londres, New York et Miami sont intéressées à avoir un spectacle permanent du Cirque chez elles. Pour l'instant, le carnet de commandes est rempli jusqu'en 2010 et M. Lamarre travaille sur les projets pour 2011. Pourrait-on assister à une reprise d'un projet montréalais? La réponse est claire et nette, c'est non.

Le Cirque du Soleil emploie présentement 3500 personnes dont 1200 travaillent à Montréal, et près de 2000 sont des Québécois. En fait, 95 % de ses activités se font à l'étranger, mais 90 % des revenus reviennent à Montréal.