Erreurs comptables de 250 millions - Jim Balsillie quitte le conseil de RIM

Le BlackBerry, la mine d’or de RIM
Photo: Agence Reuters Le BlackBerry, la mine d’or de RIM

Toronto — Jim Balsillie, ce réputé gestionnaire derrière le succès du populaire appareil portatif BlackBerry, a annoncé hier son départ de la présidence du conseil de Research In Motion, assumant une partie du blâme pour les erreurs comptables qui ont récemment entaché la réputation de sa société.

Les résultats précédemment rapportés par Research In Motion jusqu'à la fin de 2006 seront réduits d'environ 250 millions $US en raison d'erreurs liées aux coûts des options d'achat d'actions, a précisé hier RIM. La société avait originalement estimé en septembre que l'impact sur les résultats serait d'entre 25 et 45 millions.

«Je ne cherche pas d'excuses. Ça s'est passé sous ma gouverne, je suis responsable», a déclaré M. Balsillie lors d'un entretien téléphonique.

Jim Balsillie conservera néanmoins son poste de cochef de la direction et restera administrateur de la société de Waterloo, en Ontario. Quelques modifications seront aussi apportées au conseil d'administration, et le directeur financier Dennis Kavelman deviendra directeur de l'administration et de l'exploitation.

Ces changements surviennent après qu'une étude approfondie eut révélé des erreurs comptables, concluant toutefois que celles-ci n'étaient pas le résultat de malversation délibérée.

RIM devra retraiter ses résultats financiers annuels pour les exercices 2004, 2005 et 2006 et pour le premier trimestre de 2007.

M. Balsillie et son cochef Michael Lazaridis ont offert de débourser jusqu'à cinq millions chacun pour aider à rembourser les coûts relatifs à la révision et au retraitement.

Selon Jim Balsillie, les problèmes comptables étaient reliés à la forte croissance de RIM depuis sa création. «Vous croissez si rapidement que vous passez près de ne pas porter attention aux pratiques de gouvernance autant que vous le devriez», a-t-il dit.

L'analyste Peter Misek, de Canaccord, considère que les erreurs comptables sont chose du passé et que c'est maintenant un bon moment pour investir dans RIM. Il a aussi applaudi la décision de garder la même équipe de direction qui a aidé à établir la compagnie.

RIM a précisé dans un communiqué que la décision de séparer les rôles de président du conseil et de chef de la direction est «conforme aux meilleures pratiques actuelles de gouvernance des entreprises».

John Richardson, un administrateur de RIM qui est aussi président du conseil de la Commission du régime de retraite de l'Ontario, deviendra le président du conseil de RIM, lequel comptera dorénavant neuf membres plutôt que sept.

Les nouveaux administrateurs sont Barbara Stymiest, anciennement chef de la direction du Groupe TSX et maintenant chef de l'exploitation à la Banque royale du Canada, ainsi que John Wetmore, ancien président d'IBM Canada et maintenant administrateur de l'Université de Waterloo et de Loblaw.

Un comité spécial en charge de la révision chez RIM avait recommandé que tous les employés restent au sein de la compagnie.

Les principaux gestionnaires de RIM restent toutefois frappés d'une interdiction d'opérations sur les titres de l'entreprise en attendant que les autorités canadiennes et américaines ré-examinent les nouveaux rapports financiers. À la Bourse de Toronto, hier, le titre de RIM a reculé de 1,43 $, soit 0,89 %, clôturant à 158,62 $.