Usine de piles à Boucherville - Avestor suspend la fabrication

Avestor, le fabricant de piles au lithium-métal-polymère, une coentreprise à part égale d’Hydro-Québec et de la pétrolière américaine Anadarko, a suspendu ses activités de fabrication mardi à son usine de Boucherville.

Les pertes accumulées depuis le début des opérations en 2000 totalisent 190 millions de dollars, dont 90 millions en 2004, 40 millions en 2005 et 20 millions en 2006.
Au cours des prochains jours, seuls les gens des activités administratives, commerciales et de marketing demeureront toutefois au poste.

À l’issue de la réunion d’information de ses employés tenue par Avestor dans un hôtel de Boucherville, en mi-journée, et à laquelle participait un représentant du syndic de faillite RSM Richter, des travailleurs ont émis des commentaires empreints d’optimisme.
«Ce qui arrivera dans un avenir rapproché arrivera. C’est à l’étude à l’heure actuelle. On attend pour repartir la production, ce qu’on devrait savoir dans un avenir rapproché», a commenté l’un d’eux.
Le porte-parole du syndic de faillite, Benoît Gigues, a reconnu que «la situation est critique».
«Il n’y a pas de cachette. Tout le monde est très conscient qu’il est minuit moins cinq et que c’est une ultime tentative de faire une relance qui a été mise en oeuvre ce matin», a-il fait valoir.

Le communiqué émis par Avestor en début d’après-midi semblait beaucoup moins optimiste. «Des efforts financiers considérables ont été consentis pour développer une batterie qui permette une commercialisation rentable pour servir le marché des télécommunications, mais l’entreprise n’a pu atteindre le seuil de rentabilité.»
«Malgré des démarches qui se sont étalées sur plus de 12 mois, Avestor n’a pas réussi à trouver de nouveaux partenaires industriels et financiers susceptibles de prendre la place des investisseurs actuels».

En interview téléphonique, le porte-parole de l’entreprise ne laissait que peu d’espoir aux travailleurs de l’usine de Boucherville. «Au cours des prochains jours, différentes possibilités seront évaluées. Il y aura des rencontres pour trouver des acheteurs, mais on est réaliste. Ça fait plus d’un an qu’on essaie d’intéresser des investisseurs.»
L’investissement de départ fait par Hydro et son partenaire, la multinationale américaine Kerr-McGee, était respectivement de 250 millions. Il y a quelques mois à peine, Kerr-McGee avait été remplacée par Anadarko.
Le ministre Pierre Corbeil, des Ressources naturelles, y est allé de ce commentaire, en matinée.
«Au fil des années, vous réalisez qu’il y a eu beaucoup d’efforts investis pour développer un produit et probablement que les résultats ne sont pas au rendez-vous au moment où on se parle. On va regarder pour la suite des choses.»

La mise au point de la pile en question a causé quelques dégâts. Il y a eu des incendies à l’usine de Boucherville et, le 13 septembre, un incendie s’est déclaré dans les installations de AT & T, le principal client d’Avestor, à Anaheim, en Californie.
Si l’entreprise devait fermer, M. Tessier a toutefois précisé que l’employeur respecterait ses obligations et verserait les montants d’argent requis pour les vacances et les 12 semaines de compensation prévues par la Commission des normes du travail.


«La production est suspendue temporairement et on va voir au cours des prochains jours ce qui va se passer. Il y est beaucoup trop tôt pour dire qu’ils vont perdre leur emploi compte tenu de ce qui va se passer au cours des prochains jours», a déclaré le porte-parole d’Avestor, Pierre Tessier.
«Ils continuent à être payés malgré tout», a-t-il dit.
L’usine d’Avestor à Boucherville a en fait fermé ses portes lundi en fin de journée, pour des raisons de sécurité, a indiqué M. Tessier. Avestor compte 260 employés, dont une soixantaine de chimistes et d’ingénieurs.

Il reste que la compagnie a déposé au Bureau du surintendant des faillites à Montréal un avis d’intention de soumettre une proposition de règlement à ses créanciers, essentiellement des fournisseurs québécois de lithium, métal et polymère des substances qui, une fois mélangées, constituent une pile destinée au marché des télécommunications.

À voir en vidéo