Le Club de Paris, un groupe de créanciers puissant et discret

Paris — Le Club de Paris, qui fête demain son 50e anniversaire, est un organe informel discret mais puissant, qui regroupe les gouvernements des principaux pays industrialisés créanciers.

Il se réunit tous les mois à Paris pour effectuer un «tour d'horizon» avec les pays débiteurs avec qui il a des accords, et le cas échéant renégocier leur dette.

Le Club a été créé, presque fortuitement, à l'occasion d'une réunion en 1956 à Paris d'un groupe de pays créanciers de l'Argentine.

Le fonctionnement du Club de Paris repose sur quelques principes simples: l'équité dans le traitement des créanciers comme des débiteurs, une approche au cas par cas, le consensus, et la plus grande discrétion possible. Il se base également sur un principe de conditionnalité: le débiteur doit avoir un programme en cours avec le Fonds monétaire international (FMI), auquel sont attachées des conditions notamment budgétaires.

L'un des derniers grands accords d'allègement de dette consenti par le Club de Paris concernait l'Irak : il prévoyait un allègement global de sa dette à hauteur de 80 % en trois phases, à 7,8 milliards de dollars en 2008 contre 38,9 milliards de dollars actuellement. Cet accord avait provoqué des remous chez les ONG qui dénoncent régulièrement l'«opportunisme» des pays riches, jugés beaucoup moins empressés lorsqu'il s'agit de pays très pauvres mais d'enjeu géostratégique moindre que l'Irak.

Quelques semaines après la remise de dette accordée à l'Irak, le Club de Paris accordait ainsi un simple moratoire aux pays asiatiques dévastés par le tsunami, reportant le paiement des échéances mais sans réduire la dette.

En dépit des critiques, le Club de Paris a fait école, avec le Club de Londres, qui rassemble les banques créancières privées. Il compte actuellement 19 membres: Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Danemark, Espagne, États-Unis, Finlande, France, Irlande, Italie, Japon, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Russie, Suède et Suisse.