L'ancien président de la Caisse de dépôt à l'ère Internet - www.scraire.com

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Un mois après la fin de son mandat à titre de président du conseil et de directeur général de la Caisse de dépôt et placement, Jean-Claude Scraire s'est lancé en affaires, notamment par l'entremise d'Internet.

Le ton est donné dès la page d'accueil du site (www.scraire.com). L'homme en complet sombre nous regarde droit dans les yeux, les deux pieds bien plantés au milieu de l'une des cours intérieures de la Cité interdite, le somptueux palais des anciens maîtres de l'Empire du Milieu, au-dessus duquel flottent maintenant trois lettres manuscrites: JCS.

Des conseils stratégiques

On ne tarde pas à y apprendre que ce «grand stratège», qui a déjà été déclaré «l'homme le plus puissant du Québec», offre désormais des «services-conseils stratégiques» «au profit des entreprises et organisations du Québec, du Canada, et des cinq continents».

Son expertise porte évidemment sur la stratégie de gestion, le développement d'affaires et d'entreprise et le financement d'entreprise. Elle s'étend également aux fusions et acquisitions, aux offres publiques d'achat, à la gestion de crise, au positionnement public, à la gestion d'entreprise, aux relations entreprise-actionnaires ainsi qu'aux questions éthiques et juridiques.

«Qualifié, dit-on, d'excellent leader par ses pairs de l'industrie», il offre à ses clients son souci constant de l'efficacité ainsi que son talent pour le réseautage et les alliances afin qu'ils aient rapidement accès au maximum d'informations et augmentent d'autant leurs chances de développement.

Malgré nos efforts, il n'a pas été possible de joindre hier Jean-Claude Scraire. On a tout de même appris qu'il dispose pour le moment d'un bureau et des services d'une secrétaire au centre-ville de Montréal dans les locaux de la firme d'avocats Naud et associés, rue McGill College, juste à côté de ses anciens bureaux à la Caisse de dépôt.

Si son successeur, Henri-Paul Rousseau, parcourt justement le pays ces jours-ci pour dire l'importance, voire l'urgence de revoir les stratégies et les modes de fonctionnement de l'institution financière, Jean-Claude Scraire ne fait pas moins de ces mêmes stratégies et modes de fonctionnement sa principale carte de visite.

«Homme de vision, homme de réalisation à la tête de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDP), Jean Claude Scraire a atteint d'ambitieux objectifs», peut-on lire dans un site Internet que l'on a ponctué de ses propres citations ainsi que de celles de personnalités faisant son éloge. «Le plus important fut celui de changer la structure organisationnelle et opérationnelle d'une institution aussi engagée et puissante que la CDP.»

Carte du monde à l'appui, on fait valoir plus loin que «l'homme d'affaires et son équipe [à la Caisse de dépôt] ont mis en place un important réseau de relations d'affaires auprès de plus de 4000 entreprises à travers le monde. [...] Avec un réseau de contacts aussi important, Jean-Claude Scraire sait faire avancer les choses.»

En note biographique, on rappelle qu'il a oeuvré 15 ans à la Caisse de dépôt avant d'en prendre la direction en 1995. Avant cela, il avait pratiqué le droit privé et occupé différentes fonctions dans l'administration publique québécoise. On trouve également une liste de ses plus récents discours ainsi qu'un volumineux dossier de presse.

Jean-Claude Scraire n'est pas le premier à chercher une vie après la vie à la Caisse de dépôt. Guy Savard et Jean-Claude Delorme, qui en avaient assumé la codirection avant lui, sont aujourd'hui haut dirigeant de la firme de courtage Merrill Lynch dans le premier cas et administrateur de sociétés et consultant dans le deuxième cas. Quant à leur propre prédécesseur, Jean Campeau, on se souviendra qu'il a coprésidé la commission constitutionnelle Bélanger-Campeau avant de se lancer en politique active au côté de Jacques Parizeau et de devenir son ministre des Finances.