Nissan Versa - Une sous-compacte qui s'assume

Avec la Versa, Nissan adopte une stratégie orientée vers la qualité. — Source Nissan
Photo: Avec la Versa, Nissan adopte une stratégie orientée vers la qualité. — Source Nissan

Une des primeurs du Salon de l'auto de Montréal sera la Nissan Versa, dont la commercialisation est prévue dès le printemps. Il s'agit d'une nouvelle voiture sous-compacte qui viendra s'ajouter à la gamme actuelle de Nissan. Les prix de ce modèle d'entrée de gamme devraient se situer entre 16 000 $ et 20 000 $ selon les versions.

Chez Nissan, ce segment du marché était, jusqu'ici, sous la responsabilité de la Sentra, une voiture qui sera entièrement recarrossée pour 2007. Présentée au Salon de Detroit la semaine dernière, la Sentra prend du galon, et migre vers de plus vastes pâturages. En effet, la nouvelle Sentra sera passablement plus spacieuse que sa devancière et ressemble, en quelque sorte, à une petite Altima. Selon toute vraisemblance, les prix de la future Sentra suivront la même tendance, ce qui laissait béant le créneau des petites voitures de moins de 20 000 $ dans les salles de montre nord-américaines de ce constructeur nippon passé sous le contrôle de Renault en 2003. On a donc déniché la Versa, parmi la multitude de petites voitures que Nissan fabrique pour les marchés asiatiques et européens, mais elle a dû subir quelques adaptations avant d'aboutir sur nos rivages.

Le contexte actuel est propice à l'apparition de ce type de voitures très populaires outre-mer, et que l'augmentation récente des prix de l'essence rend maintenant incontournables chez nous. Parallèlement à cela, on peut percevoir un phénomène que les spécialistes du marketing automobile nomment l'«upsizing»: il s'agit de la tendance qu'ont les constructeurs à toujours mettre plus de contenu dans un véhicule et à en augmenter la taille à chaque renouvellement du modèle. Ainsi, la nouvelle Honda Civic est maintenant plus grosse et plus lourde que ne le fut, jadis, sa grande soeur l'Accord. D'ailleurs, tout comme chez Nissan, où la progression de la Sentra permet l'arrivée de la Versa, on usera de la même tactique chez Honda en important, dès l'an prochain, la Fit, une sous-compacte qui viendra combler le vide laissé par cette nouvelle Civic «upsizée», comme on dit en France.

La qualité abordable

Avec la Versa, Nissan adopte une stratégie orientée vers la qualité. Cette voiture sera économique à l'achat, mais n'offrira pas des prestations de bas de gamme. Pour ne pas ternir l'image de la marque avec un produit trop dépouillé, on a fait le choix d'offrir une finition intérieure soignée et une motorisation au-dessus de tout soupçon.

Une courte présentation en avant-première, organisée par Nissan à Novi, au Michigan, m'a permis de me familiariser avec la Versa. Nous avons pu y examiner quelques prototypes de présérie qui préfiguraient, à quelques détails près, les Versa qui seront vendues chez nous en 2006. Puisqu'il s'agissait encore de véhicules en cours de développement, il ne fut pas possible de les conduire, mais on peut néanmoins être rassuré sur le comportement routier de la Versa puisqu'elle partage sa plateforme mécanique avec sa lointaine cousine, la Renault Clio, qui possède à ce chapitre une réputation au-dessus de tout soupçon.

Une voiture mondiale

Selon le marché visé, la Versa est assemblée en Chine, au Japon ou au Mexique. De ce fait, Nissan réalisera d'importantes économies d'échelle, car la Versa sera une véritable voiture mondiale. Deux types de carrosserie seront offerts: une berline à quatre portières dotée d'un coffre conventionnel et une courte familiale équipée d'un hayon arrière ouvrant. Grâce à son empattement long et malgré son petit gabarit, la Versa sera en mesure d'offrir un habitacle très généreux. Les sièges sont larges et confortables, et les places arrière sont plus spacieuses que dans bien des berlines intermédiaires. Des adultes, même de grande taille, pourront s'y asseoir sans souffrir de claustrophobie ou de courbatures. De plus, la qualité des matériaux a été soignée et l'assemblage des voitures qui nous ont été présentées était irréprochable. Il faudra voir, par contre, si les Versa construites au Mexique sauront maintenir ces standards élevés.

Sur le plan de la motorisation, la Versa utilisera une version évoluée du 4-cylindres de 1,8 litre, déjà offert dans la version de base de la Sentra et qui fournira, ici, une puissance de 120 chevaux. De plus, on nous promet que le rendement de ce moteur sera en nette progression. Trois boîtes de vitesses seront proposées: une manuelle à six rapports, une automatique à quatre rapports et une transmission à variation continue (CVT). Cette dernière offrira le rendement d'une boîte manuelle combinée à la simplicité d'utilisation d'une automatique; elle pourrait même être la seule boîte disponible, mais Nissan n'a pas encore la capacité industrielle de les produire en quantité suffisante. De ce fait, la CVT ne pourra être commandée qu'avec la version la plus coûteuse de la Versa. Par ailleurs, la motorisation hybride n'est pas au programme et, chez Nissan, on nous affirme, sans sourciller, que la CVT permettra des économies de carburant comparables à celles des voitures hybrides. Qu'on me permette d'afficher mon scepticisme!

Aérodynamisme

La Versa semble avoir été conçue de l'intérieur vers l'extérieur. C'est généralement un moyen efficace pour obtenir un habitacle pratique, mais ce n'est pas forcément la recette pour arriver à une silhouette élégante. Malgré la hauteur de son pavillon, la carrosserie réussit néanmoins à afficher un coefficient aérodynamique (Cx) de 0,31, ce qui est bien pour une voiture aussi courte. La face avant de la voiture est caractéristique de l'identité Nissan et n'est pas sans rappeler celle du Murano. Si la version cinq portes est amusante à regarder, il faut constater que la ligne de la berline est passablement moins engageante. Son volume arrière fait tantôt penser à l'ancienne génération de la Toyota Prius, tantôt à une BMW de Série 7, deux voitures qui n'ont jamais brillé par l'élégance de leur dessin.

Avant d'opter pour la Versa afin de combler ce créneau des sous-compactes, Nissan aura fait miroiter pendant un certain temps la possibilité d'importer la Cube, un véhicule étrange qui fait fureur au Japon. On l'avait même exhibée dans le kiosque de la marque au Salon de l'auto de Montréal, l'année dernière. En fin de compte, c'est le pragmatisme qui aura prévalu sur l'audace car la Versa sera, avant tout, une voiture sans surprise. Mais n'est-ce pas ce que cherchent les acheteurs de voitures sous-compactes?

Collaborateur du Devoir

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