En vert et contre tous

Le Salon international de l'auto de Montréal (SIAM) ouvre ses portes vendredi, jusqu'au 29 janvier. Cet événement, tant par son ampleur que par les obstacles qu'impose le contexte montréalais, pose un réel défi logistique à son organisateur, la Corporation des concessionnaires automobiles de Montréal (CCAM).

Les organisateurs du SIAM, aux prises avec un équipement inadéquat (le Palais des congrès) que peu de gens parmi les visiteurs ou les exposants semblent apprécier, doivent, en plus, composer avec des manufacturiers dont les décisions de mise en marché sont prises à Toronto, souvent en toute méconnaissance de la réalité locale. Mais il n'y a pas que du noir au tableau car, cette année, le vert est à l'honneur.

Volvo «crache» dans la soupe

Malheureusement, cette année encore, Volvo gâche la fête en s'abstenant d'y participer, jugeant, selon les dires de son ancien directeur du marketing, Larry Futers, que l'argent requis pour exposer leurs véhicules à Montréal sera mieux investi ailleurs. Amer, Norman Hébert, président du Salon, affirme que «les dirigeants de Volvo ne veulent tout simplement pas présenter leurs produits au public montréalais, qui constitue pourtant leur plus grand marché en Amérique. Comment leurs clients interpréteront-ils cela? Je l'ignore, mais il ne s'agit rien de moins que d'une insulte envers toute la population, surtout s'ils participent aux autres salons de l'auto canadiens».

Et il ajoute: «Nous avons tout fait pour garder Volvo au sein de notre Salon. Nous sommes extrêmement déçus de la tournure des événements. Le plus triste dans toute cette histoire, c'est que ce sont les Montréalais qui seront pénalisés. Ils ne pourront pas assister à un Salon complet avec tous les manufacturiers canadiens, comme les Torontois pourront le faire. Volvo agit de façon déplorable.»

Cela est d'autant plus déplorable, d'ailleurs, que le designer-vedette de Volvo est un Québécois, Simon Lamarre, présent la semaine dernière au Salon de Detroit pour y présenter sa dernière création, le prototype C30. Ajoutons que Larry Futers a récemment quitté Volvo pour accepter des responsabilités similaires chez Mitsubishi. Souhaitons seulement qu'il n'ait pas amené avec lui son aversion pour le Salon de l'auto de Montréal...

Un dédale coûteux

Tout comme les dessous des gradins du stade olympique, où le Salon a eu lieu pendant quelques années avant d'aboutir au Palais des congrès, cet immeuble impose aux visiteurs un parcours sinueux. Contrairement à la majorité des salons automobiles mondiaux, qui s'étendent sur des hectares, dans de grands halls d'exposition, le Salon de Montréal nous impose une procession à la queue leu leu.

Les exposants doivent aussi se livrer à quelques contorsions en raison de l'espace ingrat, et en vertu d'un système de tirage au sort des emplacements qui les oblige, chaque année, à réaménager leur kiosque à grands frais. L'objectif de ce système, utilisé au cours des 15 dernières années, est de répartir les constructeurs de façon équitable sur les trois niveaux du Palais.

Vert demain

Se trouvant finalement un créneau, notre Salon de l'auto montréalais deviendra une vitrine des technologies vertes et des voitures écologiques avec une section spéciale, baptisée «En route vert l'avenir». Selon ses organisateurs, «le SIAM a l'intention de se mettre au diapason des réalités environnementales en étant au coeur de la réconciliation de l'automobile avec son environnement. À cet égard, "En route vert l'avenir" constituera un véritable carrefour où convergeront véhicules plus écologiques, conférences ainsi que trucs et conseils pratiques sur l'efficacité énergétique et sur les façons d'économiser de l'essence».

Et pour joindre l'acte à la parole, chaque visiteur muni d'une correspondance de la STM se verra octroyer un rabais de 2 $ sur le prix d'entrée.

Collaborateur du Devoir

À voir en vidéo