Vidéotron a le vent dans la téléphonie

Près de 163 000 ménages ont opté pour le nouveau service de téléphonie résidentielle de Vidéotron depuis son lancement il y a moins d'un an. Ce succès serait aussi celui d'une stratégie de marketing privilégiant l'offre de bouquets de services, dit la compagnie.

Le dernier décompte de l'entreprise rapportait 96 000 abonnés à la fin du mois de septembre. Les analystes parlaient de plus de 100 000 clients à la fin de l'année. Les résultats au 31 décembre devaient être encore meilleurs.

«Vidéotron est aujourd'hui en tête de peloton des entreprises de télécommunications au Canada qui proposent un service de téléphonie par le biais de la technologie numérique», a-t-on déclaré hier dans un communiqué. «Nous sommes d'autant plus ravis que le taux de satisfaction de nos clients à l'égard de ce produit est très élevé, a ajouté son président et chef de la direction, Robert Dépatie. Le message est clair: une part significative des consommateurs attendait une solution de rechange fiable au service téléphonique traditionnel.»

Vidéotron a été le premier câblodistributeur de premier plan du Canada à se lancer à la conquête de la dernière chasse gardée des compagnies de téléphonie traditionnelle le 24 janvier 2005. Il a graduellement étendu son service à l'ensemble de son territoire au cours de l'année. Il n'a pas tardé à être suivi par Shaw Cable, en Alberta et en Colombie-Britannique, puis par Cogeco Cable et Rogers.

Le service de téléphonie résidentiel n'a pas été le seul à avoir du succès cette année chez Vidéotron. Le nombre d'abonnés à son service de télévision numérique illico a connu une augmentation de 42 %, passant de 334 000 à 475 000. Le service d'Internet haute vitesse compte, quant à lui, 656 000 clients, soit 130 000 de plus que l'an dernier. Au bout du compte, Vidéotron se retrouve avec 53 500 clients de plus que l'an dernier pour un grand total de 1 506 000 abonnés.

Ces résultats sont en partie attribuables au passage des abonnés de la compagnie des services de câble et d'Internet de base vers des services plus performants, explique sa porte-parole, Isabelle Dessureault. Ils sont aussi clairement le fait du succès d'une politique de prix et d'une stratégie de marketing privilégiant la vente de forfaits comprenant l'abonnement à plus d'un service.

Cette stratégie comptera bientôt une arme de plus. Vidéotron doit, en effet, offrir, d'ici le mois de juillet, son propre service de téléphonie sans fil qui utilisera le réseau de la compagnie Rogers.

Le début de la guerre

Au moment du lancement des premiers services de téléphonie résidentielle par les câblodistributeurs l'an dernier, les analystes prévoyaient qu'ils pourraient y gruger entre 9 % et 10 % de parts de marché en l'espace de deux à trois ans. Sachant que le territoire couvert par Vidéotron compte environ 2,4 millions de foyers, un rapide calcul suggère qu'un peu moins de 7 % d'entre eux ont déjà opté pour le nouveau service de téléphonie résidentielle de la compagnie.

Vidéotron se garde bien de faire un tel calcul. «Il est important de garder à l'esprit que notre incursion en téléphonie résidentielle ne constitue qu'une mince brèche dans un marché encore très largement dominé par un seul joueur», a répété Robert Dépatie.

Cette modestie est facile à comprendre. Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications du Canada (CRTC) doit annoncer au mois de mars quelle part du marché les Bell, Telus et autres grandes compagnies de téléphone devront avoir perdue au profit de leurs nouveaux concurrents pour que l'on cesse de les traiter comme des monopoles et que l'on desserre le contrôle exercé sur leurs prix et leurs pratiques commerciales. Il est déjà convenu qu'au bout d'un an, les compagnies de téléphone traditionnelles ont le droit de rappeler les clients de leurs compétiteurs pour les convaincre de revenir au bercail.