Après le conflit gazier européen - Le pétrole remonte, les inquiétudes persistent

Une usine de transformation de gaz en Ukraine
Photo: Agence Reuters Une usine de transformation de gaz en Ukraine

New York — Les cours du pétrole ont fini en hausse hier à New York, les inquiétudes nées du conflit gazier en Europe continuant à planer sur le marché, à la veille des stocks hebdomadaires de produits pétroliers aux États-Unis.

À New York, le baril de «light sweet crude» pour livraison en février a gagné 28 ¢ à 63,42 $US.

Le brut avait ouvert en baisse, après l'accord trouvé entre la Russie et l'Ukraine sur le prix du gaz, avant de remonter dans l'après-midi. Cet accord met un terme à la crise qui avait interrompu les livraisons de gaz russe à Kiev dimanche, ce qui avait réduit provisoirement les exportations vers l'Europe transitant par l'Ukraine, selon Fadel Gheit, analyste d'Oppenheimer.

Malgré un certain soulagement affiché par les opérateurs dans la matinée, ce conflit continue de les préoccuper et devrait peser pour longtemps sur le marché pétrolier, a insisté cet analyste. «C'est une étape très importante, c'est un avertissement pour les pays européens qui leur dit qu'ils ne devraient pas être aussi dépendants de la Russie mais plutôt diversifier leurs sources d'approvisionnement», a-t-il expliqué.

Par ailleurs, les opérateurs attendaient les stocks hebdomadaires de produits pétroliers américains publiés aujourd'hui au lieu d'hier en raison d'un jour férié lundi.

Les cours avaient gagné plus de 2 $US mardi, principalement en raison du conflit gazier, pour atteindre leur plus haut niveau depuis trois mois en séance, à 63,80 $US à New York et 62,05 $US à Londres. Un désaccord sur les prix entre les deux pays avait conduit à l'arrêt des livraisons de gaz russe à Kiev dimanche, ce qui avait réduit les exportations vers l'Europe transitant par l'Ukraine.

«Les livraisons russes de gaz aux consommateurs européens sont revenues à leur niveau normal», a observé Kevin Norrish, analyste à la banque Barclays. «Maintenant que le conflit gazier s'est apaisé, la direction des prix du pétrole sera davantage liée à ses propres fondamentaux, et à notre avis [...], le repli des cours paraît limité à court terme», a-t-il toutefois ajouté.

Les prix restaient soutenus par des inquiétudes sur l'offre d'essence, l'annonce par l'Iran qu'il allait bientôt reprendre ses activités nucléaires, une demande robuste, et la volonté affichée par l'OPEP de nettement réduire sa production lors de sa réunion du 31 janvier à Vienne.

D'après les analystes de la maison de courtage Sucden, le marché reportait son attention sur le niveau des stocks américains d'essence avant les chiffres du département américain de l'Énergie (DoE) qui seront publiés aujourd'hui. Ces analystes notaient des «inquiétudes grandissantes» au sujet des stocks d'essence, qui sont inférieurs de 13 millions de barils à ceux de l'an dernier à la même époque, et risquent d'être insuffisants à l'été 2006 pour répondre à la haute saison de consommation de carburant. Ultime facteur de repli des prix hier, les exportations de brut par les terminaux du sud de l'Irak ont nettement augmenté grâce à l'amélioration des conditions climatiques et au règlement de certains problèmes techniques. Les exportations par le nord restaient au point mort pour des raisons de sécurité.