L'action du Fonds de solidarité en hausse pour un sixième semestre consécutif

Pierre Genest, p.-d.g du Fonds de solidarité.
Photo: Jacques Grenier Pierre Genest, p.-d.g du Fonds de solidarité.

Le Fonds de solidarité des travailleurs FTQ a annoncé hier une hausse de la valeur de son action pour un sixième semestre de suite. À 23,07 $, le nouveau prix renferme un rendement de 3 % en six mois et ne se situe désormais plus qu'à 8 % sous son sommet historique.

Au cours du premier semestre de l'exercice 2005-06, clos le 30 novembre dernier, le Fonds de solidarité a inscrit un bénéfice net de 178 millions, en hausse de 63 % sur celui de 109 millions du semestre correspondant de l'exercice précédent. À titre d'illustration, le Fonds a dégagé un bénéfice de 16 millions de son placement dans Hélicoptères canadiens dans le cadre de son premier appel public à l'épargne, et 11 millions de son investissement dans Labopharm. «SSQ nous a donné 9,3 millions et Gaz Métro, 15 millions», a ajouté le p.-d.g., Pierre Genest.

Au chapitre du rendement, l'institution a affiché une performance de 3 % après les six premiers mois, ce qui lui permet de fixer la valeur de son action à 23,07 $, contre 22,41 $ le 5 juillet dernier, ce qui équivaut à une sixième hausse en autant de semestres. Pour M. Genest, ce rendement de 3 % après six mois est comparable à la performance affichée par les fonds équilibrés et se veut le double du taux d'intérêt offert par un certificat de placement garanti.

Celui qui prendra sa retraite le 31 janvier prochain se réjouit surtout de voir que l'institution québécoise a dégagé un rendement semestriel de 4 % dans le segment Investissements privés, contre 1,4 % l'an dernier. «Notre intervention auprès des PME privées constitue le coeur de notre mission. C'est là que l'on a travaillé le plus, car on perdait beaucoup d'argent dans ce segment. C'est là que le virage s'est fait.»

Mais beaucoup reste encore à faire de ce côté, s'empresse-t-il d'ajouter. Ce sera, d'ailleurs, le principal défi de son successeur, Yvon Bolduc. «Nous faisons du capital de risque auprès de PME. Nous devrions donc obtenir des rendements de 10, 12 voire 15 % par année dans ce domaine. Mais je ne m'inquiète pas. C'est justement la spécialité d'Yvon Bolduc, qui agissait à titre de vice-président aux investissements», a mis en exergue celui qui a pris la présidence du Fonds il y a quatre ans, au moment où l'institution traversait la période la plus difficile de son histoire.

L'éclatement de la bulle des valeurs technologiques, et la correction boursière qui a suivi, ont plongé le Fonds dans une période déficitaire de 18 mois. Dans l'intervalle, l'action a perdu 19 % de sa valeur au terme de trois réévaluations à la baisse en autant de semestres, partant d'un sommet de 24,98 $ pour toucher un creux de 20,26 $. L'action est en hausse de 14 % depuis et ne se situe désormais qu'à 8 % de son sommet historique.

Si la composante Investissements privés, comprenant des entreprises non inscrites en Bourse, a permis au Fonds de dégager un rendement de 4 % au premier semestre, le segment public a été moins généreux, avec un apport de 2,1 %. «Ç'a été un peu plus difficile de ce côté, ce qui n'est pas étranger aux aléas de la Bourse.» Pour sa part le portefeuille de placements a généré un rendement de 3,6 %, comparativement à 7,3 % au cours du semestre correspondant de l'an dernier. Cette performance est conforme à ce que l'on peut observer sur le marché, et l'écart traduit une conjoncture moins favorable sur le marché obligataire, a expliqué M. Genest.

Frais de gestion

Parmi les autres faits saillants, Pierre Genest pointe en direction des frais d'exploitation, qui atteignent aujourd'hui 1,7 % (sur une base annuelle), contre 2,2 % à son arrivée, sur un actif net qui dépasse désormais les 6,2 milliards. «C'est le taux le plus bas parmi les fonds de travailleurs. Et rien de comparable avec les frais de gestion des fonds mutuels, et ce, même si nous devons aller chercher nos actionnaires un à un et que le gros de notre travail consiste à effectuer des investissements spécifiques.»

Au cours du semestre, le Fonds a investi 226,7 millions dont 100 millions dans Métro, sous forme de débenture à échéance de 30 ans, à taux d'intérêt de 6 % par année, lors de l'acquisition de la chaîne A&P. «C'est un bel investissement, et une bonne transaction, pour l'ensemble des fournisseurs québécois», a commenté le président sortant, qui parle d'un environnement autrement difficile. Il pense à cette conjoncture dominée par un dollar canadien se maintenant à un niveau élevé, à la flambée des cours énergétiques et à la concurrence internationale, principalement chinoise. «Mais l'on fait tout de même du rendement. Cela veut dire que nous ne devons pas baisser les bras.»

Et l'avertissement est venu. Pour l'actuelle période de contributions, qui prendra fin le 1er mars 2006, le Fonds est soumis à une limite de souscriptions de 625 millions. Avec plus de 400 millions provenant des retenues sur le salaire et des prélèvements bancaires automatiques, «nos actionnaires, actuels et futurs, devront souscrire plus rapidement que d'habitude s'ils veulent être certains de pouvoir se procurer des actions du Fonds», peut-on lire dans le communiqué.