SM-3: les ratés se poursuivent

La série de ratés entourant la mise en place et le fonctionnement des deux groupes de turbines-alternateurs fournis par General Electric (GE) pour la centrale hydroélectrique SM-3 d'Hydro-Québec, située à 70 kilomètres au nord de Sept-Îles, se poursuit.

La dernière tuile est survenue lundi à 18h quand des pièces de métal se sont détachées et ont endommagé un groupe de turbines-alternateurs.

Le pépin, de taille, est survenu au moment où les ingénieurs de General Electric s'employaient à tester un nouveau groupe turbine-alternateur qui venait d'être mis en place pour remplacer le précédent qui ne répondait pas aux besoins.

Le porte-parole d'Hydro-Québec, Sylvain Théberge, était incapable de dire à quel moment le personnel de GE et celui d'Hydro-Québec seront fixés quant à la suite des choses.

La conception, la fabrication et la mise en place d'un nouveau groupe pourraient-elles être nécessaires? «C'est ce qu'on va savoir éventuellement de GE et des représentants d'Hydro-Québec qui sont à évaluer ce qui s'est passé, ce qui s'est détaché, ce qui est en cause, s'il s'agit d'un problème de conception.»

M. Théberge a toutefois indiqué que les coûts liés à la conception, la modification et le remplacement des groupes de turbines-alternateurs sont du ressort de General Electric. «Il y aurait des coûts pour Hydro-Québec si l'arrêt survenu nous obligeait à déverser l'eau accumulée dans le réservoir. Ce n'est pas le cas. Le deuxième groupe de turbine-alternateur suffit à fournir 300 mégawatts et est en mesure de turbiner l'eau qui se trouve actuellement dans le réservoir. Il n'y a pas de déversement, pas de perte en énergie», a assuré M. Théberge.

Les plus problématiques

Si les deux groupes de turbines-alternateurs de SM-3 (appelés à produire 880 mégawatts) sont les plus puissants de tous ceux installés dans les centrales d'Hydro-Québec, ils sont aussi les plus problématiques, au point de retarder la mise en service de SM-3 prévue initialement pour 2001.

Il y a d'abord eu des problèmes de fissures, en 2001, problèmes qui ont nécessité des coûts de blindage qui ont coûté à Hydro-Québec plus de 60 millions. Ce problème réglé, il s'est produit un bris d'un groupe de turbines-alternateurs. En 2003, il en est survenu d'autres en janvier et en avril. En février 2005, un problème survenu dans un palier de soutien a forcé l'arrêt d'un des deux groupes de turbines-alternateurs.

«Autrement dit, ça n'a jamais fonctionné à pleine capacité», a reconnu le porte-parole de la société d'État qui admet que les coûts initiaux de deux milliards prévus pour SM-3 sont maintenant rendus au-delà de 2,5 milliards. «De 2001 à 2003, des incidents ont forcé le déversement d'eau», a expliqué M. Théberge.

Finalement au meilleur de sa forme, SM-3 a produit 600 mégawatts et cela produit durant de 12 à 14 mois dans les années 2003 et 2004, a indiqué le porte-parole.