La Coopérative fédérée se range aux côtés d'Agrinove contre Parmalat

La Coopérative fédérée de Québec a mis tout son poids derrière Agrinove dans le conflit juridique qui oppose cette dernière à la multinationale Parmalat.

«Même si Agrinove est une coopérative de longue date, c'est une entreprise de taille moyenne comparativement à une entreprise internationale comme Parmalat, a déclaré le secrétaire général adjoint de la Coopérative fédérée, Jean-François Harel, dans une entrevue téléphonique hier. Il est important que Parmalat sache que le réseau coopératif est plus grand qu'un de ses maillons.»

La Coopérative fédérée, un regroupement d'une centaine de coopératives présentant un chiffre d'affaires consolidé de près de quatre milliards de dollars, pourrait notamment apporter un soutien financier à Agrinove.

Au début du mois d'août, Agrinove a présenté la nouvelle version de son lait à conservation de longue durée Grand Pré, soit du lait UHT (pour «ultra-haute température»). La nouvelle version consiste en une gamme complète de lait nature, de crème et de laits aromatisés.

Mise en demeure

Le 22 août, la multinationale italienne Parmalat a envoyé une mise en demeure à Agrinove pour lui demander de retirer immédiatement sa gamme de produits Grand Pré et de détruire tous les nouveaux emballages.

Parmalat, qui produit notamment les produits laitiers Lactantia, a allégué que les nouveaux emballages de la coopérative québécoise violaient sa marque de commerce et ses droits d'auteur sur le design de ses emballages.

Quelques jours plus tard, Parmalat a intenté une poursuite judiciaire contre Parmalat en Cour fédérale du Canada. «Ils n'ont pas voulu discuter», a déploré le directeur général d'Agrinove, Patrice Carle, dans un entretien téléphonique.

Il a défendu les emballages des produits Grand Pré, affirmant que la ressemblance était fortuite. «Allez dans l'industrie du lait: des vaches sur les pintes de lait, des prés, des étables, il y en a pas mal», a lancé M. Carle.

Il a ajouté que la confusion entre les deux produits n'était pas possible parce que, dans les épiceries, le lait Lactantia était dans la section des produits réfrigérés alors que le lait Grand Pré était dans une section de produits non réfrigérés.

Parmalat produit du lait UHT, mais son emballage n'a strictement rien à voir avec l'emballage du lait Grand Pré.

Un prétexte

M. Carle a affirmé qu'il ne s'agissait que d'un prétexte. «C'est une poursuite pour nous déstabiliser pendant notre lancement, pour nous insécuriser et insécuriser nos financiers», a-t-il soutenu.

Parmalat détient près de 25 % du marché des produits laitiers au Canada. Agrinove, qui regroupe 930 producteurs laitiers et 180 employés, n'a qu'une part de 0,1 %.

Toutefois, au dire de M. Carle, Agrinove possède la technologie la plus avancée du pays en ce qui concerne le lait UHT. Elle a investi des sommes significatives au cours des dernières années pour améliorer encore le produit et élargir sa gamme. «Parmalat a la vieille technologie, elle a une usine qui n'a pas été rénovée en Ontario, a affirmé M. Carle. J'ai un peu l'impression qu'on dérange.»

M. Carle n'a pas voulu dire combien coûterait le retrait de tous les produits Grand Pré et la destruction des emballages. «Ce sont des sommes considérables pour nous, a-t-il déclaré. Nous ne l'avons pas chiffré parce que nous n'avons pas considéré cette avenue-là.»

Dans une déclaration émise hier, Parmalat a fait savoir qu'elle aurait préféré résoudre le différend en évitant un litige judiciaire mais qu'elle n'avait d'autre choix que de s'adresser aux tribunaux afin de protéger l'investissement considérable effectué pour «développer la valeur de la marque Lactantia».