Sur l'ancien terrain de GM - Le projet du Faubourg Boisbriand se précise

La construction d'un gigantesque complexe résidentiel, commercial et industriel sur l'ancien terrain de General Motors à Boisbriand s'est un peu plus précisée hier en ce qui concerne l'échéancier. Outre les dates, il y a aussi l'infrastructure. Car le complexe sera situé dans un rayon commercial déjà fort achalandé, et au projet se greffe un élément nouveau: le réaménagement complet de l'échangeur à l'angle des autoroutes 15 et 640, que le ministère des Transports estime à 100 millions.

La signature de l'entente-cadre hier entre le promoteur du projet Faubourg Boisbriand et la Ville écrit un nouveau chapitre à l'après-GM, dont l'ancien terrain de 10 millions de pieds carrés a été vendu au Groupe Cherokee Canada pour 53 millions en novembre 2004. Les terrains ont été décontaminés, et le promoteur avance désormais des dates concrètes.

«Nous estimons que les commerces pourront accueillir leurs premiers clients à l'automne 2007», a dit dans un communiqué Pierre Martin, président du Faubourg Boisbriand, société affiliée au Groupe Cherokee. «Le résidentiel, composé de résidences multifamiliales, comme des condominiums, des lofts et des appartements, sera mis en chantier dans un an», a-t-il ajouté en précisant que l'échéancier de la zone industrielle reste toutefois indéterminé.

Achalandage

Lors d'une première annonce du projet en avril dernier, le promoteur avait fourni quelques données sur l'achalandage de ce quartier, bâti de toutes pièces et que les urbanistes voudront sans doute étudier ou critiquer. À terme, disait alors M. Martin, de 6000 à 7000 personnes y habiteront alors que les volets commercial et industriel compteraient chacun environ 1500 travailleurs. En périmètre, les grandes surfaces et, au coeur, un «centre-ville à échelle humaine» avec boutiques et restaurants.

Pierre Martin a indiqué hier que la valeur foncière du projet Faubourg Boisbriand atteindrait, là aussi à terme, 775 millions de dollars: 290 millions pour le volet commercial, 365 millions pour le résidentiel et 120 millions pour l'industriel. Il n'a pas dévoilé l'identité des détaillants ou restaurants qui s'y installeront.

La circulation se fait déjà difficile par moments à l'intersection des deux autoroutes. En ce qui concerne l'entente du projet de 100 millions annoncée hier pour le réaménagement de l'échangeur, la mairesse de Boisbriand, Sylvie St-Jean, a précisé que la ville y participerait à hauteur maximale de 24 millions. Ces travaux viseront, a-t-elle dit, à faciliter l'accès au complexe et à améliorer la circulation de l'est vers l'ouest. Il a été impossible de la joindre pour en savoir plus sur l'entente.

Mme St-Jean a également dit que les revenus fonciers découlant de l'entente avec le promoteur seraient près du triple de ceux venant de GM et du terrain avant la démolition de l'usine l'an dernier. Se chiffrant à 2,2 millions à l'époque de GM, ils se situeraient dorénavant à six millions avant de passer, à plus long terme, à 10 millions, a-t-elle affirmé.

L'évaluation foncière a été fixée à 100 millions pour 2006, qu'il y ait ou non des constructions. Ce sera 150 millions en 2007. «L'évaluation garantie dans l'entente-cadre nous permet, en outre, de couvrir les annuités du règlement d'emprunt pour l'échangeur. De plus, cette nouvelle richesse foncière permettra de dégager un surplus financier», a-t-elle ajouté.

Il faut dire que le Faubourg aura de la compagnie. À sept kilomètres au nord, il y aura le complexe récréo-touristique et commercial du Lac-Mirabel, alors qu'au sud, il y a Laval. Encore plus proche, de l'autre côté de la 15 et au sud de la 640, il y a un très gros centre commercial: la Place Rosemère a fait peau neuve en 2002 après avoir dépensé 75 millions pour des travaux de rénovation et d'agrandissement. Mais le Faubourg, dit-on, ne cause pas de soucis.

«Notre achalandage pourrait reculer dans les quatre à six mois suivant l'ouverture du Faubourg, mais c'est normal. Ça reviendra ensuite à la normale», a dit André Sirois, vice-président de la gestion d'actifs chez Investissement Morguard. La Place Rosemère appartient à quelques caisses de retraites, mais c'est Investissement Morguard qui en fait la gestion. M. Sirois a parlé de complémentarité. «Ça fait longtemps qu'on savait que ça s'en venait et ça va donner naissance à un pôle d'attraction. Il faut voir ça comme un développement positif. [...] Ce qui nous préoccuperait, ça serait la venue d'un autre centre d'achats conventionnel.»

Les promoteurs du Lac-Mirabel ont affirmé à plusieurs reprises qu'ils ne craignaient pas un complexe multivolets à Boisbriand car ils y voyaient un créneau différent du leur, articulé entre autres autour de l'amusement.