L'économie mondiale reste vulnérable

Paris — La résistance apparente de l'économie mondiale à l'envolée des cours du pétrole risque d'être de courte durée, en particulier si le baril devait évoluer pendant une période prolongée autour des 70 $US, estime l'agence de notation Fitch dans une étude parue hier.

Le produit intérieur brut (PIB) des pays du G7 a bénéficié en 2004 et au début de 2005 de politiques monétaires accommodantes, mais ce facteur est en train de se retourner, tandis que les cours du pétrole commencent à peser, souligne l'agence dans son étude. «Si les cours demeuraient à 70 $US pendant une période prolongée, la croissance du PIB mondial en 2006 pourrait être inférieure d'environ 1 % aux prévisions initiales», souligne Fitch.

Le scénario retenu par l'agence repose sur un cours de 70 $US le baril jusqu'à fin 2006: dans cette configuration, l'atterrissage en douceur espéré pour l'économie mondiale serait menacé, selon Fitch. À un tel niveau, cela provoquerait un choc pétrolier équivalent en termes réels à ceux subis en 1974 et en 1979, souligne-t-elle. Son impact serait certes moindre, les pays consommateurs ayant depuis lors beaucoup amélioré leur efficacité énergétique et leurs politiques macroéconomiques, mais la perte de revenus n'en serait pas moins sensible, note Fitch.

Des cours élevés risquent aussi d'exacerber les déséquilibres dont souffre déjà l'économie mondiale, au premier rang desquels les déficits courants américains: une facture pétrolière en hausse pourrait se traduire par un déficit de 1000 milliards de dollars en 2006, soit 7,5 % du PIB, suscitant l'inquiétude et accroissant les risques d'instabilité des marchés des changes.