L'usine Olymel de Princeville se remettra en marche le 24 octobre

L'intervention du ministre du Travail, Laurent Lessard, et du comité de relance a permis de remettre les négociations sur les rails et d'en arriver rapidement à une entente dans le dossier de l'usine d'Olymel à Princeville, si bien qu'hier matin on annonçait que l'usine allait reprendre ses activités à compter du 24 octobre prochain.

Fermée depuis 18 mois, l'usine aura besoin de près de trois millions d'investissements, dont un million pour une mise à jour des installations informatiques et deux millions pour des agrandissements, la réfrigération et la conformité aux normes sanitaires de l'Agence canadienne d'inspection des aliments. L'usine qui avait 330 employés au moment de la fermeture pourra fonctionner avec une équipe de 250 personnes, laquelle devrait augmenter un peu avec le temps. La capacité de production demeure à 12 000 porcs par semaine pour l'abattage et la découpe.

Tout le monde sort gagnant, a-t-on soutenu de part et d'autre hier. C'est à l'invitation du ministre et du comité de relance dont faisaient notamment partie le député et le maire de Princeville, que les négociations ont repris samedi en présence d'un conciliateur. Dès le lendemain, les syndiqués tenaient une nouvelle assemblée générale au cours de laquelle ils ont à 66 % approuvé l'entente et une convention collective d'une durée de sept ans.

Le président du syndicat, Steve Houle, a fait valoir qu'il y avait eu une offre bonifiée de 1,30 $ l'heure à l'échelon le plus bas. La convention reconnaît quatre classifications salariales allant de 14,65 $ à 16,45 $ l'heure. Les augmentations salariales sur les six années à venir totaliseront 18 %. Sur les 330 employés au moment de la fermeture, 200 ont assisté aux assemblées générales. L'entente a été acceptée par deux syndicats, l'un pour les employés de bureau et l'autre pour le personnel de l'usine. Parmi les gains pour les employés, il y a en outre une clause protégeant les employés contre la sous-traitance, souligne le syndicat.

Offre bonifiée

Paul Beauchamp, vice-président des communications chez Olymel, a reconnu que l'entreprise avait quelque peu augmenté son offre pour l'échelon le plus bas et accepté certaines demandes des syndiqués concernant l'ancienneté, mais tout cela s'est fait dans le cadre général qui avait été établi au début des négociations, à savoir une réduction d'environ 20 % des coûts de l'employeur pour ses employés. Les dirigeants d'Olymel considèrent par ailleurs que la nouvelle convention donne plus de souplesse et de flexibilité dans la gestion du personnel.

Selon M. Beauchamp, les employés ont au fond toujours souhaité que l'usine demeure ouverte. Il explique le déblocage de la fin de semaine par le fait que les employés ont cessé de prendre comme référence de départ la situation qui prévalait avant la fermeture et qu'ils ont par ailleurs réussi à convaincre l'employeur de certains points qui étaient pleins de bon sens, en particulier sur la question de l'ancienneté.

«La relance de l'usine de Princeville permettra à Olymel de saisir les occasions qui sont présentement favorables à une reprise des activités. L'étude de projets sur les animaux de réforme en production porcine et bovine, la possibilité d'acheter plus de porcs en provenance de l'extérieur du Québec sont des facteurs propres à favoriser le développement d'activités complémentaires à l'usine de Princeville», a déclaré Réjean Nadeau, président-directeur général d'Olymel.

Le 18 septembre dernier, 83 % des membres du syndicat affilié à la CSN avaient voté contre les propositions de l'employeur lequel confirmait ensuite la fermeture permanente de cette usine, ce qui était une perte économique importante pour Princeville. Le syndicat avait pour sa part réclamé l'intervention du Service de conciliation et de médiation du Québec. Un revirement aussi important en si peu de temps ne peut faire autrement que de faire des mécontents, ce qu'a reconnu M. Houle, qui prévoit déjà devoir faire un sérieux exercice de relations de travail auprès de ses confrères lorsqu'ils se retrouveront sur les lieux de travail.