Plusieurs jeunes Québécois travaillent au développement de jeux vidéo en Chine

Shanghai — Huit jeunes génies québécois travaillent à la création de jeux vidéo chez Ubisoft, en Chine.

«La Chine nous attirait beaucoup. Le projet d'Ubisoft aussi. À Shanghai, la compagnie voulait des ingénieurs spécialisés en intelligence artificielle pour leur venir en aide. Quand j'ai vu l'opportunité, j'ai sauté sur l'occasion», a expliqué hier l'un d'entre eux, Ariel Gauthier, au premier ministre Jean Charest. Ce dernier visitait les bureaux de la compagnie Ubisoft établis dans la métropole de la Chine, Shanghai.

M. Gauthier, qui a étudié à l'Université du Québec à Montréal, travaille avec ses collègues à la réalisation d'un nouveau jeu vidéo, Splinter Cell 4, qui devrait être lancé d'ici quelques semaines. «On est encore à l'étape du prototype. On va être fin prêt pour la sortie», a expliqué le jeune spécialiste au premier ministre.

M. Gauthier et ses collègues se sont établis dans la ville chinoise afin de travailler à leur projet. Ubisoft leur fournit, en plus de verser leur salaire, un appartement, un compte de dépenses et leur fait suivre des cours de chinois afin qu'ils se familiarisent avec cette langue difficile pour un Occidental. «On commence à le bredouiller», a avoué le jeune spécialiste.

Avantages

En Chine, les jeunes Québécois qui travaillent chez Ubisoft apprécient le niveau d'impôt qui n'est que de 18 %. Ils doivent également payer de l'impôt aux gouvernements canadien et québécois, mais cette obligation disparaît dès que leur séjour à l'étranger a dépassé deux ans. Ils sont lors considérés comme des «expatriés» aux yeux du fisc.

La quatrième génération du vidéo Splinter Cell sera créée à Shanghai, tout comme l'a été la deuxième. Mais la première et la troisième génération de ce jeu sont le produit de la succursale montréalaise d'Ubisoft.

Martin Tremblay, président et directeur général d'Ubisoft à Montréal, a pour sa part fait valoir qu'il y a dans le secteur de la vidéo de haut de gamme une pénurie de main-d'oeuvre qu'il est difficile à combler. L'entreprise compte 1400 employés à Montréal et 600 à Shanghai.

La patronne d'Ubisoft à Shanghai, Corrine Le Roy, une Française, signale de son côté que la croissance de l'entreprise en Chine est telle que le personnel doublera d'ici l'année 2010. «On embauche quelque 25 personnes nouvelles à chaque mois, soit environ 200 par année. Ici en Chine, on embauche les meilleurs diplômés des universités chinoises», a-t-elle dit.

Cependant, si les salaires des experts de l'entreprise sont à peu près équivalents peu importe le site où ils travaillent, un jeune chinois embauché à Shanghai gagne, au début, trois fois moins cher que son collègue occidental.

Quant au premier ministre Jean Charest, il a soutenu que la qualité de la relation qu'Ubisoft maintient entre ses bureaux de Shanghai et de Montréal est du type de celle qu'il souhaite entre l'économie québécoise et celle de la Chine. M. Charest a aussi signalé la part que la Société générale de financement et Investissement Québec ont joué dans le développement d'Ubisoft à Montréal.