Repli des exportations québécoises en haute technologie

Les exportations québécoises de haute technologie ont subi en 2004 une quatrième baisse annuelle consécutive, conséquence des déboires dans les importants secteurs aéronautique et spatial, mais la première moitié de 2005 semble traduire un renversement de tendance, a indiqué hier l'Institut de la statistique du Québec.

Les expéditions du secteur de la haute technologie vers l'étranger se sont repliées de 5 % en 2004, glissant à 16 milliards comparativement à 16,8 milliards l'année précédente. «Cette baisse est attribuable à l'industrie de la construction aéronautique et spatiale», a affirmé l'ISQ dans un communiqué. «Tandis qu'elle avait expédié pour 11,2 milliards à l'extérieur du pays en 2003, ses exportations représentaient 9,7 milliards en 2004, soit une baisse de 13,9 %», a-t-elle précisé.

L'année 2004 a en effet réservé de mauvaises surprises à cette industrie, secouées entre autres par les difficultés des compagnies aériennes et les vagues de licenciement chez Bombardier Aéronautique et CAE, un fabricant de simulateurs de vol. Car jusque-là, les choses n'allaient pas si mal: l'ISQ signale qu'elle a vécu, de 2000 à 2003, une croissance annuelle moyenne de 9,4 %.

Alors que l'aéronautique a piqué du nez en 2004, un autre secteur a bondi. L'industrie de l'équipement et des appareils de radio, de télévision et de communication a exporté pour quatre milliards au cours de l'année, ce qui représente une augmentation 13,5 % par rapport à 2003. Les exportations venaient de connaître une sérieuse dégringolade depuis 2000, lorsqu'elles avaient atteint 11,7 milliards.

Optimisme pour 2005

L'année 2005, du moins si l'on se penche sur les données de janvier à juin par rapport à celles de la même période en 2004, s'annoncerait beaucoup mieux. «Dans l'aéronautique et le spatial, les exportations sont en hausse de 7,6 %», a indiqué hier en entrevue Karine St-Pierre, économiste à l'ISQ. Et puisque ce secteur compte pour près des deux tiers des exportations de haute technologie, l'ensemble des expéditions s'en porte forcément mieux. Ainsi, pour les six premiers mois de 2005, elles sont en hausse de 6,6 % par rapport à 2004.

Le Conference Board du Canada a récemment publié une étude selon laquelle les profits de l'industrie aérospatiale devraient grimper de 77 % en 2005. Le groupe de recherche a émis cette projection en constatant notamment les nouvelles commandes reçues par Bombardier au début de l'année pour ses avions d'affaires.

C'était toutefois avant que deux transporteurs américains, Delta et Northwest Airlines, ne se placent sous la protection du chapitre 11 afin de procéder à une restructuration. Bombardier a confié à La Presse la semaine dernière qu'elle ne craignait pas pour les commandes venant de Delta — elles ont été prises en charges par SkyWest, qui a acquis le transporteur régional de Delta nommé Atlantic Southeast — mais ignorait ce qui arriverait avec celles reçues de la part de Northwest. Delta avait commandé 18 biréacteurs régionaux de 50 places, comparativement à 15 chez Northwest.

L'ISQ a également indiqué que le Québec avait affiché, au sein du G7, la plus forte augmentation de la part de la haute technologie dans les exportations manufacturières. Celle-ci est passée de 26,2 % à 28,2 % de 1998 à 2003. Pour l'ensemble du G7, elle est passée de 25,4 % à 24,9 %.

Par ailleurs, alors que la construction aéronautique et spatiale comptait pour 4,7 % des exportations manufacturières du G7 en 2003, elle se situait à 18,9 % au Québec.