Air Canada et ses pilotes font une nouvelle fois appel à la médiation

Air Canada et l'association représentant ses pilotes (APAC) ont annoncé hier la conclusion d'une entente engageant les parties à résoudre ce long contentieux déchirant les pilotes autour de la fusion des listes d'ancienneté. On accepte ainsi de s'engager dans un processus d'arbitrage exécutoire et de travailler à dénouer cette impasse qui avait forcé le transporteur à annuler une commande de six milliards $US auprès de Boeing, en juin dernier.

Air Canada et l'APAC ont signé un protocole stipulant en détail les conditions du processus d'arbitrage exécutoire. «En vertu de ce processus, le transporteur obtiendra une garantie sur les coûts liés aux pilotes et sur d'autres questions rattachées aux nouveaux appareils. Si les choses se règlent d'une façon satisfaisante, Air Canada s'adressera de nouveau à Boeing en vue de conclure une entente portant sur l'acquisition d'appareils 777 et 787», a précisé le transporteur.

Cette commande de six milliards $US, portant sur l'acquisition de 32 Boeing, a été annulée en juin dernier. Selon la convention collective en vigueur, Air Canada doit négocier avec ses pilotes une entente portant sur les taux de rémunération, les procédures et les conditions de travail s'il veut introduire de nouveaux appareils dans sa flotte. Une telle entente de principe, conclue avec l'exécutif syndical, a été rejetée le 19 juin dernier dans une proportion de 54 %.

Air Canada avait aussitôt porté plainte devant le Conseil canadien des relations de travail, soutenant que ce contrat avait été pris en otage par ce différend qui déchire les pilotes entre eux. Il demandait au Conseil qu'il ordonne la tenue d'un nouveau vote et que ce vote soit dissocié de la question de la liste d'ancienneté.

Vieux de cinq ans, ce différend remonte à la fusion entre Air Canada et Canadien. Il oppose quelque 2000 pilotes de l'ancien-Air Canada à un millier de pilotes auparavant à l'emploi de Canadien. En recourant, cette fois, aux services de Martin Teplitsky, il s'agira de la quatrième tentative visant à régler ce différend sous l'oeil d'un arbitre.

«L'impasse a assez duré. Il faut en arriver à un règlement. Nous croyons que l'intervention de M. Teplistsky, un médiateur chevronné, permettra d'offrir une solution qui sera juste pour les pilotes de l'ex-Air Canada, qui ne sera pas injuste pour ceux de l'ex-Canadien», a résumé le porte-parole de l'APAC, Jean-Marc Bélanger. Si l'entente d'hier réunit Air Canada et l'exécutif syndical, il restera à ce dernier le soin de convaincre ses membres. «On fait ce qu'on peut pour sortir de ce guêpier. Les élections s'en viennent. Si les membres ne sont pas satisfaits, ils n'auront qu'à élire un nouvel exécutif», a-t-il répondu.