La Banque TD prévoit un recul des cours du brut en 2006

La flamme d’une raffinerie s’élève derrière les débris de maisons en Louisiane. Il est très difficile de prévoir l’évolution des cours du pétrole dans le contexte actuel en raison de l’évaluation toujours incomplète des dommages causés
Photo: Agence Reuters La flamme d’une raffinerie s’élève derrière les débris de maisons en Louisiane. Il est très difficile de prévoir l’évolution des cours du pétrole dans le contexte actuel en raison de l’évaluation toujours incomplète des dommages causés

Toronto — Les cours du pétrole brut devraient redescendre en 2006, selon des économistes de la Banque TD, qui prévoient que le prix du baril de brut léger s'établira à 45 $US d'ici le début de 2007. À court terme, les automobilistes et les entreprises qui souffrent de la flambée des prix du carburant ne doivent toutefois pas espérer de répit.

«Même si notre cible pour la fin de l'année est de 60 $US, nous n'écartons pas le scénario où les prix du baril de pétrole pourraient grimper jusqu'à plus de 75 $US ou même 80 $US s'il y a d'autres perturbations de l'offre», écrit Derek Burleton, économiste principal à la Banque TD, dans une étude rendue publique hier.

Évaluation incomplète

Les auteurs de l'étude soulignent cependant qu'il est très difficile de prévoir l'évolution des cours du pétrole dans le contexte actuel en raison de l'évaluation toujours incomplète des dommages causés par l'ouragan Katrina aux infrastructures du golfe du Mexique ainsi que de la menace de nouveaux ouragans.

Hier, le prix du baril de brut léger sur le marché new-yorkais a d'abord bondi de plus de 1 $US en début de journée, jusqu'à un sommet de 68,14 $ US, en raison des craintes suscitées par l'ouragan Rita qui s'approche du Texas. Il s'est par la suite replié pour clôturer en baisse de 30 ¢US, à 66,50 $US.

Les économistes de la TD croient qu'un ralentissement de l'économie américaine entraînera une réduction de la demande de pétrole, faisant ainsi baisser les prix en 2006.

La TD prévoit que le rythme de croissance de l'économie américaine dépassera à peine 2 % au second semestre de 2006, soit une performance bien inférieure à son rythme actuel de 3,5 ou 4 %.

«Une performance plus faible aux États-Unis permettra de réduire la tension dans le jeu de l'offre et de la demande pour le pétrole brut et les produits raffinés, ce qui aura ensuite pour effet de réduire l'importante prime liée aux craintes [d'une pénurie] qui a pour effet de gonfler les prix», écrit M. Burleton.

À son avis, plus les prix vont augmenter au cours des prochains mois, plus importante sera la correction à la baisse sur une période de 12 à 18 mois.

Les économistes de la TD estiment que le prix «fondamental» du baril de pétrole brut — le prix qui peut être justifié à long terme par le seul jeu de l'offre et de la demande — devrait se situer aux environs de 40 $US le baril, en hausse par rapport au niveau historique de 30 $US (en dollars constants).

Quand l'économie américaine aura repris de la vigueur, d'ici 2008, M. Burleton et ses collègues croient que le baril de pétrole repassera au-dessus des 50 $US.