Gaspésia échappe à la faillite

Des négociations in extremis qui ont abouti 15 minutes avant la fin de l'échéance fixée par la Cour supérieure du Québec ont permis au contrôleur de Papiers Gaspésia d'obtenir une quittance de la part de 29 des 33 entrepreneurs de la construction à qui étaient dus 40 millions de dollars.

Peut donc entrer en vigueur le plan d'arrangement adopté à la fin du mois de juin. Quelques ficelles restent cependant à attacher.

Cet aboutissement permet à la ville de Chandler de mettre la main sur l'usine. C'est la municipalité qui devra voir à lui trouver un acheteur ou une nouvelle vocation.

À l'exception de quatre d'entre eux, les entrepreneurs ont renoncé à intenter des poursuites contre les anciens administrateurs de l'usine dont la modernisation a été stoppée à la fin de 2003 après des dépassements de coûts évalués à 265 millions.

Ils sont assurés de toucher 75 % du montant de leurs créances. En outre, ils ont obtenu l'assurance qu'ils pourront échelonner sur dix ans, sans avoir à payer d'intérêt, la moitié du prêt que leur avait consenti Investissement Québec. Ils n'auront pas à payer l'autre moitié.

«Ce qui fait que mes clients perdent 25 % dans toute l'opération et ils ont un prêt à rembourser d'ici dix ans, sans intérêt», a résumé leur avocat Yves Poirier. «Ils considèrent que c'est un excellent règlement et veulent tourner la page», a-t-il ajouté.

Les créanciers autres que les entrepreneurs en construction toucheront pour leur part 0,11 ¢ au dollar.

Documents signés

Pour clore le dossier et le transférer aux archives, le juge Paul Chaput de la Cour supérieure a besoin que tous les documents soient signés en bonne et due forme. Ce qui sera fait mercredi, lui ont promis les diverses parties dans cette affaire. Pour cette raison, il y aura ce jour-là une quinzième audition devant le juge Chaput.

«C'est une question de documentation. Les ententes entre les partenaires, les créanciers, Investissement Québec et Papiers Gaspésia ont été convenues hier [mercredi] et aujourd'hui [hier]. On a terminé 15 minutes avant l'audition», a fait valoir le contrôleur Pierre Laporte. «Mercredi de la semaine prochaine, on pourra dire que le plan est entré en vigueur», a assuré M. Laporte.

La vente des actifs à la Ville de Chandler et à la Société de développement économique et de l'industrie de Chandler apparaît comme une issue prometteuse pour le conseiller juridique Conrad Delisle qui a accepté de faire quelques commentaires sur l'issue du dossier, en l'absence du maire de l'endroit.

«Pour le milieu, c'est un cadeau dans le sens où ça évite le démantèlement de l'usine en plus de stabiliser les finances municipales pour au moins deux ans en raison des taxes municipales qui seront payées. Pas moins de 30 % du budget de la ville découle de la taxation de la Gaspésia», a fait valoir Me Delisle.

«Jusqu'à ce midi [hier], on ignorait s'il y aurait un règlement ou le dépôt d'une faillite impliquant la liquidation. Mardi c'était dramatique, hier [mercredi] le soleil a commencé à percer et ce matin [hier] ça s'est réglé», a-t-il ajouté.

Selon les informations dont il dispose, Me Delisle prévoit la mise en veilleuse de l'usine jusqu'en février ou mars. Et s'il n'y a pas d'espoir de relance, «il va falloir vendre de l'équipement et de la machinerie qui est à la fine pointe et qui risque de se déprécier».

«Ce n'est pas la première fois que les gens de Chandler ont des coups durs», a-t-il conclu.