Le contrôleur menace de mettre la Gaspésia en faillite

Le contrôleur de Papiers Gaspésia menace de mettre le projet en faillite dès aujourd'hui s'il n'a pas reçu d'ici là tous les documents nécessaires à l'entrée en vigueur du plan d'arrangement adopté par les créanciers à la fin du mois de juin.

Les 33 entrepreneurs floués par l'arrêt des travaux n'ont toujours pas fait parvenir à la firme Ernst & Young le document dans lequel ils renoncent à toute poursuite contre les anciens administrateurs de l'usine dont la modernisation a été stoppée à la fin de 2003.

Ce groupe se dit insatisfait de certaines modalités de l'accord final qui leur permettrait de récupérer environ les deux tiers de l'argent qui leur était dû au moment de l'arrêt des travaux. Selon leur porte-parole Sylvain Pelletier, ils souhaitent entre autres obtenir le remboursement de leurs frais juridiques qui totalisent environ 500 000 $.

Or, l'obtention de leurs «quittances» est l'une des conditions préalables au transfert des actifs à un organisme relevant de la municipalité de Chandler, près de la baie des Chaleurs.

La date limite a déjà été repoussée deux fois pour permettre aux parties de poursuivre leurs discussions. Le contrôleur Pierre Laporte doit retourner devant la Cour supérieure cet après-midi pour faire le point sur la situation.

Pas de nouveau délai

À quelques heures de l'échéance, il disait ne pas avoir l'intention de demander un nouveau délai. «J'ai le pouvoir de mettre le projet en faillite et, à cette heure-ci, on l'envisage», a-t-il confié.

Sur le plan financier, une faillite de la Gaspésia serait désavantageuse pour une majorité de créanciers. Si l'on se fie aux calculs du contrôleur, ils ne recevraient vraisemblablement pas un cent de dividende après la vente des actifs.

Les entrepreneurs pourraient cependant tenter de récupérer l'argent qui leur est dû en poursuivant les responsables du projet à la Société générale de financement (SGF) et chez Tembec. «Nous avons toujours la volonté de régler mais on a déjà fait énormément de compromis et maintenant, la balle est dans leur camp. On est en discussion mais notre requête est prête», a confirmé leur porte-parole Sylvain Pelletier.

Avant sa fermeture en 1999, la Gaspésia employait 550 personnes. Sa modernisation devait permettre de récupérer 200 emplois. Les travaux ont été stoppés après des dépassements de coût évalués à 265 millions.

Si le plan d'arrangement finit par entrer en vigueur, la municipalité de Chandler sera responsable de la mise en veilleuse du site; elle poursuivra en outre les démarches en vue de trouver un repreneur.

Jusqu'à maintenant, la population de Chandler s'est toujours fermement opposée au démantèlement de l'usine qui a longtemps été l'un des moteurs industriels de la région.