Ubisoft s'associe à l'Université de Montréal

Le développeur et éditeur Ubisoft a annoncé hier une nouvelle entente de collaboration, cette fois-ci avec l'Université de Montréal (UdeM), dans l'espoir d'offrir, d'ici l'automne 2006, un programme de deuxième cycle en design de jeux vidéo. Ayant fait alliance avec plusieurs institutions d'enseignement au fil des derniers mois, l'entreprise disait hier estimer que les principaux métiers de cette jeune industrie semblent désormais couverts.

La formation sera donnée dans les locaux du «campus Ubisoft», situés dans le Vieux-Montréal. Mais le contenu sera différent de ce qui est déjà offert aux chapitres de l'informatique, de la modélisation, de l'animation ou de la conception de niveaux de jeu. Ceux qui s'inscriront au programme de deuxième cycle verseront notamment dans la supervision des concepteurs. «C'est une vue d'ensemble sur le respect du scénario», a indiqué le responsable des relations publiques chez Ubisoft, Cédric Orvoine.

Puisque le programme n'a pas encore été développé, on ignore encore s'il s'agira d'une maîtrise ou d'un diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS), a dit M. Orvoine.

Certains dirigeants de l'industrie du jeu vidéo, un secteur dans lequel travaillent près de 2500 personnes au Québec, ont déjà déploré que la main-d'oeuvre locale soit insuffisante pour alimenter un secteur en plein croissance. Or Ubisoft a soulevé l'ire de quelques concurrents et institutions d'enseignement spécialisées lorsqu'elle a reçu une aide financière de Québec pour mettre sur pied le «campus». L'objectif, insiste Ubisoft depuis l'hiver dernier, n'est pas de former ses futurs employés mais de participer au développement de l'industrie.

L'ensemble de l'industrie

La filiale montréalaise du groupe français a affirmé hier que la formation permettra à un plus grand nombre de jeunes de se lancer dans le domaine. «L'entente [vise à] faire progresser l'ensemble de l'industrie», a dit dans un communiqué le p.-d.g. du studio montréalais d'Ubisoft, Martin Tremblay. Le directeur de l'École de design industriel de l'UdeM, Luc Courchesne, a parlé de programmes «adaptés aux besoins des nouveaux secteurs d'emploi».

Ubisoft a donc quatre partenaires en ce moment: le cégep de Matane pour l'attestation d'études collégiales en modélisation, animation et conception, l'Université de Sherbrooke pour un DESS en génies informatique et logiciel, le réseau de l'Université du Québec pour la gestion de projet et la scénarisation (le programme n'existe pas encore) et l'UdeM en design de jeu. «On a pas mal fait le tour, dans le sens où tous les métiers sont à peu près couverts», a affirmé M. Orvoine hier.

La filiale montréalaise du groupe français entend faire passer ses effectifs de 1000 à 2000 employés d'ici 2010. Les artisans qui arpentent ses couloirs comptent pour 40 % de la main-d'oeuvre mondiale d'Ubisoft, dont les succès comprennent les séries Prince of Persia et Splinter Cell.

Electronic Arts a elle aussi reçu de l'aide du gouvernement. Emploi-Québec lui a remis 660 000 $ à des fins de formation continue aux employés.