Québec invite les compagnies forestières à la patience

Chambly — Le premier ministre du Québec Jean Charest invite les compagnies forestières qui crient à l'aide à patienter encore un peu.

Le gouvernement est à «actualiser» les interventions qu'il fera éventuellement dans ce domaine, région par région, a indiqué le premier ministre, qui était de passage hier à Chambly et à Saint-Jean-sur-Richelieu.

En Montérégie, il a notamment visité une usine, rencontré des maires de la région ainsi que la presse régionale. C'est dans ce contexte qu'il a été interrogé sur différents sujets d'actualité.

Dans l'édition d'hier du Journal de Montréal, le président de Tembec Frank A. Dottori a lancé un appel à l'aide pour toute l'industrie, invitant le gouvernement du Québec à «faire quelque chose pour nous aider» et vite. L'industrie forestière est en crise, disait-il, éprouvant entre autres des problèmes d'approvisionnement et de prix pour les copeaux et les billots de bois. Des scieries ont déjà dû fermer leurs portes et ça pourrait ne pas être la fin, si la crise perdure.

Le premier ministre s'est dit conscient des nombreux problèmes qui frappent l'industrie, citant lui-même «l'émergence de nouvelles économies, la montée du dollar canadien, le dossier du bois d'oeuvre, l'approvisionnement forestier et, dans le cas du Québec, les feux de forêt cet été».

«Tout ça se cumule, donc il y a un contexte, dans l'industrie, qui est particulier», a admis le premier ministre du Québec.

M. Charest a laissé entendre que son gouvernement devait tout de même prendre le temps de bien cerner son action avant d'annoncer quoi que ce soit. «Nous, on a déjà beaucoup engagé de discussions avec l'industrie forestière. J'ai rencontré les leaders, le printemps dernier. On est à actualiser les interventions que nous ferons, région par région, et ça, ça va être annoncé dans les prochaines semaines», a-t-il indiqué.

Quant à l'affirmation de M. Dottori voulant que le Québec n'aurait d'autre choix que d'imiter l'Ontario et de soutenir les compagnies forestières afin de sauver des emplois, M. Charest a répliqué: «Le gouvernement de l'Ontario offre une réponse qui est très similaire à celle du Québec. D'ailleurs, il n'a pas encore annoncé ses mesures. Ils ont dit qu'ils allaient être là pour venir en aide à une industrie qui a beaucoup de pressions.»