Les négociations au Manoir Richelieu tournent au ralenti

Les pourparlers portant sur un nouveau contrat de travail au Manoir Richelieu piétinent, a indiqué hier la Confédération des syndicats nationaux, et la tension entre les parties s'est soldée par un arrêt de travail imprévu de près de 24 heures dans la cafétéria de l'établissement cinq étoiles. Pendant ce temps, des employés à Sherbrooke ont voté en faveur d'une grève alors que d'autres, à Saint-Jean-sur-Richelieu, entament des moyens de pression.

L'incident au Manoir Richelieu, qui survient près de 20 ans après le célèbre conflit syndical de 1985 mais dont les causes n'ont strictement rien en commun, a éclaté jeudi matin lorsqu'un employé a refusé de se plier à une demande de la direction lui enjoignant de porter autre chose qu'un bermuda. Lorsque la direction l'a suspendu de ses fonctions, les autres employés de l'hôtel, qui exercent présentement des moyens de pression, ont abandonné leurs tâches pour se rendre à la cafétéria où ils se sont relayés toute la nuit jusqu'à ce que s'effectue un retour au travail hier matin.

«Les négociations vont mal; en fait, il n'y en a pas. L'employeur ne donne pas de dates de négociations, et c'est inquiétant. [...] Il y a deux enjeux au Manoir Richelieu, soit obtenir des séances et atteindre les objectifs de notre plateforme de demandes», a dit Jean Lortie, président de la Fédération du commerce de la CSN.

La prochaine réunion est prévue en début de semaine, mais il faudra attendre le 13 septembre avant de revenir à la table. Il n'y a pas de menace de grève. Le syndicat veut en arriver à un règlement avant la fin du coloris automnal, à la mi-octobre, car c'est à ce moment que faiblira son rapport de force. La direction de l'hôtel n'a pas voulu commenter les négociations.

La centrale mène cette année des négociations coordonnées dans 40 hôtels de la province. Rappelons que chaque hôtel négocie indépendamment mais à partir d'une plateforme de demandes communes auxquelles se rattachent des considérations plus locales. L'entente en voie d'être exportée partout comporte notamment des hausses salariales de 11 % sur trois ans.

Par ailleurs, les 35 syndiqués de l'Hôtellerie Jardins de ville, à Sherbrooke, ont rejeté les dernières offres et voté jeudi soir à 89 % en faveur d'une grève générale de trois jours. Et à Saint-Jean-sur-Richelieu, les 80 syndiqués de l'hôtel Gouverneur Vallée-des-Forts ont voté pour des moyens de pression qui excluent la grève. Quant à l'hôtel Omni Mont-Royal, à Montréal, ses 200 employés sont toujours en grève. Une audience doit avoir lieu vendredi devant la Commission des relations de travail pour éclaircir des allégations de recours aux briseurs de grève.