Le bras droit de Conrad Black est accusé de fraude

David Radler, croqué à la sortie d’une rencontre des dirigeants de Hollinger International, en mai 2003.
Photo: Agence Reuters David Radler, croqué à la sortie d’une rencontre des dirigeants de Hollinger International, en mai 2003.

La justice américaine a déposé hier des accusations criminelle de fraude contre David Radler, un avocat de Hollinger International et une société de portefeuille. Il leur est reproché d'avoir détrousser les actionnaires de l'entreprise d'une somme de 32 millions $US. Le nom de l'ex-magnat de la presse Conrad Black n'a pas été associé aux 21 chefs d'accusation retenus contre les trois intimés.

Au cours d'une conférence de presse tenue à Chicago hier, le procureur général a précisé que David Radler, l'avocat de Hollinger Mark Kipnis et la firme Ravelston Corp., soit la société privée de portefeuille par laquelle Conrad Black exerçait une partie de son contrôle sur l'empire de presse, devaient chacun répondre de cinq chefs de fraude et de deux chefs de fraude électronique. Au total, le détournement de fonds allégués atteindrait les 32 millions $US.

Le nom de Conrad Black n'a pas été mentionné lors de la conférence de presse. Et le procureur américain a précisé que David Radler, ex-éditeur du Chicago Sun Times, l'avait assuré de sa pleine coopération. «M. Radler, par le biais de son avocat, a autorisé le gouvernement à affirmer publiquement qu'il coopère à l'enquête et qu'il prévoit plaider coupable ultérieurement», peut-on lire dans le communiqué émis par le bureau du procureur général.

Le montant retenu coïncide avec la somme identifiée au tout début de la saga entre M. Black, ses sociétés privées Ravelston et Hollinger, et Hollinger International. Une confrontation qui avait pour origine la découverte, dans les livres de Hollinger International, d'une somme de 32,2 millions $US versée à Conrad Black et à d'autres dirigeants, sans l'accord du conseil d'administration, et liées à des ententes de non-concurrence conclues au moment de la vente de quotidiens appartenant à Hollinger International. Ces versements ont été reconnus par M. Black. Les qualifiant de justifiés, tout au plus ont-ils été mal documentés, avait-il soutenu.

Le dépôt des accusations, hier, fait suite à l'enquête criminelle amorcée en mars dernier par les autorités américaines. L'enquête portait sur les activités de MM. Black et Radler lorsqu'ils étaient membres de la direction de Hollinger International, une filiale américaine de Hollinger ayant son siège social à Chicago.

Par ailleurs, quelques mois plus tôt, soit en septembre 2004, un comité spécial mandaté par le conseil d'administration de Hollinger International déposait un rapport auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) dans lequel il était allégué que Conrad Black avait détourné, en sept ans, plus de 400 millions $US à des fins personnelles. Ce rapport est venu inspirer le dépôt de poursuites, intentées au civil par la SEC contre MM. Black et Radler, l'organisme américain de réglementation en valeurs mobilières soutenant que les deux intimés détournaient des fonds de Hollinger International à des fins personnelles. Ces allégations n'ont pas encore été prouvées.

Avec la Presse canadienne