Québec se dit impuissant devant la montée du prix de l'essence

Le ministre québécois des Finances, Michel Audet.
Photo: Pascal Ratthé Le ministre québécois des Finances, Michel Audet.

Québec — Le gouvernement Charest se déclare impuissant face à la hausse du prix de l'essence.

«Nous n'avons aucun pouvoir sur les producteurs de pétrole. De plus, je n'ai pas les moyens de réduire les impôts et les taxes», a confessé hier le ministre québécois des Finances, Michel Audet, à sa sortie de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres.

À plus long terme, le gouvernement pourrait toutefois envisager des mesures pour réduire la consommation. On pourrait par exemple favoriser l'achat de véhicules hybrides par les consommateurs, ce qui aurait pour effet de diminuer la quantité de pétrole requise.

«On y réfléchit. Déjà, on taxe plus les véhicules qui consomment plus d'essence. Ce sont des choses qu'on regardera dans le cadre du prochain budget», a expliqué le ministre Audet.

Il souhaite aussi une plus grande utilisation des transports en commun. Mais encore là, le ministre a rappelé que ses investissements sont élevés à cet égard, et qu'il injecte déjà des centaines de millions de dollars par année pour financer le transport en commun.

Enfin, le gouvernement étudie les façons dont on pourrait réduire les coûts pétroliers pour ses différents ministères et organismes publics.

Le ministre des Finances a par ailleurs déploré les effets négatifs de la hausse du coût de l'essence sur l'économie québécoise. «À 60 $US du baril de pétrole, l'effet négatif se traduit par une diminution de 0,5 %» sur le taux de croissance de l'économie.

Si le prix de l'essence monte, ce n'est pas à cause d'une hausse des taxes, dont la valeur n'a pas changé depuis 10 ans, a rappelé le ministre des Finances.

Ces taxes représentaient 37 % du prix en 1998, mais seulement 28 % en 2004.

D'autre part, lorsque le prix de l'essence augmente de 5 ¢ le litre, le gouvernement perd 22 millions et doit récupérer cette somme ailleurs. Le gouvernement est en effet un consommateur important et achète des produits pétroliers pour 340 millions par année.

Le ministère des Finances a remis à jour ses tableaux sur la décomposition du prix de l'essence. On y apprend que le profit par litre des multinationales du raffinage a doublé en cinq ans, passant de 6 ¢ à 12 ¢ du litre entre 1999 et 2004. La marge de profit des détaillants a cependant chuté de 5 ¢ à 3 ¢ du litre au cours de la même période. La principale hausse du prix de ce produit est attribuable au coût du pétrole brut acheté dans les pays producteurs. Ce coût a presque doublé en cinq ans, passant de 16 ¢ à 31 ¢ le litre.

La conclusion de l'étude gouvernementale est que la hausse du coût pétrole a des effets désastreux tant pour les finances publiques que pour la santé de l'économie. Et comme il s'agit d'un produit venant de l'étranger et sur lequel le gouvernement n'a pas de prise, il semble y avoir peu de solutions à envisager.